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Politique

Un nouveau patron chez Macron

Le fondateur d’Axa apporte son soutien à Emmanuel Macron

Emmanuel Macron continue d’accumuler des soutiens, le dernier en date étant Claude Bébéar, fondateur d’Axa.

Dans une tribune publiée dans Les Échos, le fondateur d’Axa, Claude Bébéar, a apporté son soutien à Emmanuel Macron, et a également avoué avoir été « impressionné par Valérie Giscard d’Estaing et Nicolas Sarkozy » (pour qui il a voté à la primaire). Il a ajouté que « cette démarche n’allait pas de soi, mais c’est celle qui me semble correspondre le mieux aux défis que nous traversons », et a expliqué avoir « confiance en sa droiture, en sa vision et en son plaidoyer européen ».

Tandis qu’il y a quelques semaines, une cinquantaine de conseillers ministériels de droite rejoignaient la candidature d’Emmanuel Macron, Claude Bébéar s’ajoute à sa longue liste de personnalités qui soutiennent l’ancien banquier, passant d’Alain Minc à Daniel Cohn-Bendit : une balance systématiquement équilibrée pour conserver son image « ni de gauche, ni de droite » exprimant la contradiction d’un candidat qui cherche à ratisser très largement, et qui essaye de dissimuler son ultra-libéralisme sous quelques mesures soi-disant sociales. Mais il n’est en rien anodin, et il est même révélateur, qu’un homme aussi puissant que Claude Bébéar, qui avait estimé en 2007 son patrimoine à 106 millions d’euros, soutienne le candidat d’En Marche. En choisissant de soutenir l’ancien banquier de Rothschild, qui voue au patronat et au monde de l’entreprise un enthousiasme immodéré, le fondateur d’Axa, tout comme tous les patrons qui le soutiennent, sont assurés de préserver leurs intérêts : suppression de l’ISF pour les actionnaires, réduction de 25 % de l’impôt sur les sociétés, ubérisation de la société…

Cette prise de position tranche avec celle d’Henri de Castries, l’ancien PDG d’Axa, qui a publiquement déclaré son soutien à François Fillon. Le positionnement de Claude Bébéar est en réalité une victoire pour Emmanuel Macron, pour qui rassembler dans le camp de la droite et du grand patronat est un enjeu très important, voire un enjeu clé, pour espérer atteindre le deuxième tour de la présidentielle, et qui peine encore à engranger les soutiens des grands barons de la droite et du MEDEF, soutiens publics de François Fillon. Le candidat enchaîne en effet depuis des semaines des déclarations ayant pour objectif de rallier les grands patrons à En Marche !, qu’il s’agisse de ses propos devant le MEDEF sur le fait qu’il veuille supprimer le nom du compte du pénibilité car « il induit que le travail est une douleur » ou de ses petites fêtes à Las Vegas avec les patrons.

Source Photo : La Croix




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