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Politique

Manifestation du 24

Le gouvernement en difficulté face aux gilets jaunes : les travailleurs et les jeunes doivent se lancer !

Alors que le gouvernement semble de plus en plus en difficulté face aux gilets jaunes et que le mouvement se radicalise, la manifestation du 24 pourrait marquer un tournant dans la suite du mouvement. Pour mettre Macron et ses amis au pied du mur, il faut éviter les pièges des négociations mais surtout : les jeunes et le mouvement ouvrier doivent entrer dans la danse en masse.

Photo : XAVIER LEOTY

Un gouvernement en difficulté qui tente en vain de raccrocher les wagons

Emmanuel Macron a annoncé qu’il ferait des annonces en début de semaine. Il a d’ores et déjà reculé sur la vignette poids lourds, son instauration est reportée à 2020 pour éviter que les routiers ne rejoignent les actions des gilets jaunes. Comment le gouvernement entend-il « renouer le dialogue » ? En rendant « acceptable et démocratique la transition écologique ». Un écran de fumée de plus qui risque fort de ne pas convaincre grand monde. Il est désormais clair que l’écologie importe peu au président des riches, qui se garde bien de s’attaquer aux vrais pollueurs comme Total et qui ne s’est pas privé de faire fermer de très nombreuses petites lignes de train avec la réforme ferroviaire il y a à peine quelques mois.

Alors que la popularité du mouvement continue de grimper, que celle de la Macronie chute et que la mobilisation se radicalise et s’approfondit (à l’image des grèves qui commencent à émerger comme c’est le cas dans les raffineries, ou de l’émergence de figures très radicales parmi les gilets jaunes), Macron marche sur des œufs et il le sait. Pour tenter de canaliser la grogne, une campagne médiatique d’ampleur a été déployée pour faire passer les gilets jaunes pour des fachos en puissance, couplée à une répression qui s’est renforcée sur l’Ile de la réunion où l’armée a été envoyée, ainsi qu’en France métropolitaine où les déblocages musclés et les interpellations se sont multipliés.

Si le gouvernement n’est prêt à aucune concession sérieuse, il cherche pourtant des interlocuteurs avec lesquels négocier. C’est en ce sens qu’une source ministérielle a annoncé que l’une des pistes serait une rencontre avec des « représentants des gilets jaunes » qui serait en préparation pour mardi. Or, rien ne dit qu’il y parvienne et si c’est le cas, s’il parvient à obtenir des interlocuteurs à même de négocier, rien ne garantit que ceux-ci auraient la légitimité de calmer le mouvement contestataire.

Cependant, cette réunion qui se tiendra mardi à l’Élysée avec les syndicats, les forces politiques et une représentation de Gilets jaunes a pour but de tenter de diviser la contestation entre les plus radicaux et ceux qui seraient plus prompts à calmer le jeu. En effet, s’il est clair que cette délégation aurait une légitimité limitée auprès des personnes mobilisées, le gouvernement compte bien tenter de les coopter.

Début de convergences avec le mouvement ouvrier et la jeunesse

Pour se maintenir dans la durée et que toute la radicalité qui est entrain de s’accumuler trouve un débouché, il faut que le mouvement ouvrier entre dans la danse, à l’image des grèves dans les raffineries et il faut pousser à la création des comités d’actions locaux regroupant salariés, gilets jaunes, syndicalistes, lycéens, étudiants... Si les directions confédérales restent silencieuses, il faut que les syndicats de base prennent leurs affaires en main et paralysent l’économie par la grève. Dans de nombreux endroits du pays, des jonctions à la base entre Gilets Jaunes et salariés en grève ont lieu comme dans le blocage de certaines raffineries, ou encore avec les travailleurs de Amazon près de Douai.

Autre élément qui ne rassure pas le gouvernement : le risque d’une généralisation des blocages lycéens qui commencent à émerger dans le pays, comme à Perpignan et dans la Manche. Des blocages pour « aider les parents », pour lutter contre l’avenir réservé à ces jeunes, mais aussi contre Parcoursup, qui a condamné plusieurs dizaines de milliers de bacheliers de l’année dernière à abandonner l’idée de faire des études. Dans le mouvement étudiant, un mouvement d’ensemble est également tout à fait envisageable après l’annonce très discriminatoire de l’augmentation exorbitante des frais d’inscription pour les étudiants étrangers et la menace que celle-ci s’étende très rapidement à tous les étudiants de nationalité française. Dans des universités comme Paris 8 à Saint Denis, la résistance est d’ores et déjà entrain de s’organiser et des centaines d’étudiants sont prêts à se mobiliser.

Le 24 : un casse tête pour le gouvernement

Pour l’ « acte II » de la mobilisation, les gilets jaunes comptaient manifester place de la concorde. La préfecture leur a refusé ce point de rendez-vous, décidant alors unilatéralement que la manifestation aurait lieux aux Champs-de-Mars. En réponse, les gilets jaunes ont refusé cette imposition qui non seulement aurait « enfermé » la manifestation sur une place, mais l’aurait surtout éloigné des lieux de pouvoir administratifs. L’exécutif se voit déstabilisé par ces réactions, lui qui est habitué à des manifestations encadrées par des organisations syndicales et politiques légalistes qui acceptent plus facilement le sacro-saint dialogue social, se plient aux décisions de la préfecture et qui assurent elles-même dans une grande mesure « l’ordre » dans les cortèges. Selon une note confidentielle de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP), la manifestation pourrait avoir lieu dans neuf principaux lieux, en plus des blocages envisagés sur le périphérique ! Pour y faire face, l’exécutif compte déployer plusieurs milliers de policiers et gendarmes. En simultané avec les actions prévues à la capitale, les blocages se poursuivront sur l’ensemble du territoire.

Dans cette situation devenue difficilement contrôlable pour Macron et son gouvernement, il ne manque plus qu’un ingrédient pour les mettre au pied du mur et imposer les revendications du mouvement : la mise en mouvement massive des jeunes et des travailleurs aux côtés des gilets jaunes. À mesure que les heures passent et que de nouvelles convergences à la base se concrétisent, contre l’avis de directions syndicales acquises au gouvernement, la perspective d’un « tous ensemble » paraît se rapprocher.

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