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Politique

Le luxe d’avoir un toit

Le gouvernement veut baisser les APL dès la rentrée prochaine

Le ministre des Comptes publics, Gérard Darmanin a réaffirmé ce jeudi la volonté du gouvernement de baisser les aides personnalisées au logement (APL). Une mesure de plus pour « réduire les dépenses publiques » et accroître la précarité des conditions de vie de millions de foyers.

« Réduire les dépenses publiques »

« Réduire les dépenses publiques » : tel est l’un des principaux mots d’ordre du gouvernement Macron-Philippe. Pour ce faire, Gérard Darmanin, ministre des Comptes publics, a de nouveau affirmé sa volonté de s’attaquer aux APL, qui représentent jusqu’ici 40 % des aides au logement. La baisse des APL avait déjà été votée durant le quinquennat Hollande sans avoir été encore mise en place. Ce sera bientôt chose faite par le nouveau gouvernement.

Des millions de foyers touchés

Les APL avaient été perçues par 2,6 millions de foyers au premier trimestre 2017. « Nous dépensons deux fois plus que nos voisins européens dans l’aide au logement, et les Français éprouvent toujours autant de difficultés à se loger  » avait déclaré le Premier ministre Edouard Philippe le 4 juillet dernier. La conclusion logique ? Diminuer les aides, tandis que les prix des loyers et le coût de la vie plus en général ne font que grimper.

Se former ou se loger : telle est la question

En particulier, ce sont 800 000 étudiants chaque année qui bénéficient de cette aide pour faire face aux multiples dépenses nécessaires au cours des années de formation non-rémunérées. Alors que c’est déjà plus d’un étudiant sur deux qui est contraint à travailler en plus de ses études, le poussant souvent à l’échec ou à l’abandon ; alors que plus de 50 % d’entre eux avouent avoir des difficultés financières ; alors que près de 15 % ont déjà renoncé à se soigner faute de moyens, la réponse du gouvernement à la précarité croissante qui touche les étudiants est de réduires des allocations vitales pour certains.

Dans une enquête récente, La Croix Rouge déclare que 13 000 étudiants parisiens sautent en moyenne 4 à 6 repas par semaine pour faire des économies. Mais peut-être les Macron, Philippe, Darmanin et autres acolytes des chambres dorées n’ont pas retenu le nom de El Anfani Abdallah, étudiant de 22 ans retrouvé mort de faim dans sa chambre du Crous Villeneuve d’Ascq en novembre 2015, un parmi d’autres.

Photo : @ ALLILI MOURAD/SIPA




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