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Notre classe

Le groupe PSA bat un nouveau record de vente mondial : à quel prix ?

Pour rendre compréhensible ce qui se cache derrière les différents records de vente du groupe PSA, comme en 2017 ou au premier trimestre 2018 avec plus 38,1 % de hausse, il est intéressant de se pencher sur son communiqué de presse.. On peut y lire que ces records seraient dû à l'offensive produit ou à la bonne performance des véhicules et des marchés qui, à eux seuls, feraient les profits du groupe PSA. A aucun moment le travail humain, ni les politiques déployées pour faire de tel gains au bout de la chaîne ne sont pris en compte.Prenons point par point leurs analyses pour la déconstruire et donner le point de vue de la classe ouvrière.

Plus 61, 5% en plus en Europe dont 550 900 pour Opel/Vauxhall

Un chiffre qui s’explique entre autre par le fait que, pendant des années, le patronat tout comme PSA émettaient une critique acerbe du coût de travail en France, mettant en avant la nécessité de baisser les charges sociales – en réalité nos cotisations sociales : sécu, retraites, maladie - qui pesaient sur les entreprises pour être plus concurrentiel. Dans le même temps, des accords de compétitivité étaient imposés, tout en étant combiné à des plans de départs volontaires qui ont fait partir plus de 25 000 salariés en moins de 6 ans. Et ces chiffres ne prennent pas en compte les licenciements pour « fautes », dans lesquels les ouvriers, notamment les militants combatifs, ont été pris pour cible. A cela, il faut également rajouter les suppressions de postes et le passage en mono flux, (travail sur une seule ligne de montage sur tous le site PSA en France).

En ce qui concerne l’Allemagne et le groupe Opel/Vauxhall, racheté par PSA depuis, leur accord sur la métallurgie n’a pas pu s’appliquer puisqu’en Allemagne il y eu un accord de branche qui prévoit 4,8 % d’augmentation de salaires sur deux ans, ce qui est beaucoup trop « coûteux » pour le groupe PSA. Après « négociation » avec le syndicat allemand IG Métal, PSA a dès lors imposé le gel des salaires au prix et a assuré qu’il n’y aurait pas plus de 3700 suppressions d’emplois en Allemagne et aucune fermeture de site. Les ouvriers n’auront donc aucune augmentation, et une promesse, qui est exactement la même qu’en France, de ne pas fermer de site, ce qui n’empêche cependant pas de vider les usines.. !

Mais le plus frappant, toujours d’après le communiqué de presse du groupe PSA, c’est que Opel a fait un bond de 17,2 % ! De quoi faire réagir les ouvriers. Sans mentionner le millions d’euros octroyé par le groupe PSA à Carlos Tavares après le rachat d’Opel. Tout comme en Angleterre, chez Vauxhall où des suppressions de postes ont été opérées.

En Espagne où le site Opel à Saragosse a payé le prix fort pour avoir été racheté par la groupe PSA.

Début janvier, le site d’Opel de Saragosse qui emploie près de 5400 salariés devait accepter une baisse des rémunérations et de primes pour éviter une fermeture du site. Carlos Tavares avait, comme d’habitude, mis en balance l’octroi d’un nouveau véhicule pour Saragosse. Après « négociation » avec les syndicats en Espagne, ces derniers ont accepté une baisse de la prime de nuit et des jours fériés de 5 % sans parler des suppressions de postes due la nouvelle organisation PSA.

Chine et Asie du Sud Est 6,9 %

La situation en Chine est toujours aussi compliquée pour le groupe PSA. Avec 4 usines sur place, la crise n’est toujours pas résorbée, et pourtant cette zone du monde a été pendant longtemps, celle mise en avant pour tirer vers le haut les ventes du groupe. Certes les modèles locaux Chinois leur servent de prétexte pour justifier l’échec de PSA en Chine et c’est bien l’Europe qui tire le marché mondial. Pour pallier à la surcapacité de production en Chine le groupe PSA va avoir recourt à un procédé nouveau, celui de mettre en location, selon une source chinoise Automotive New, l’une de leur usine. Ce serait le site installé à Wuhan puisque Dongfeng est le même qui fait une coopération avec les constructeurs en Chine. Nissan serait le constructeur qui prendrait la location à partir du mois d’août. Enfin à suivre à l’avenir.

Moyens Orient Afrique

Avec moins 18,6 %, c’est un marché qui plonge. Avec le retrait du groupe PSA d’Iran, cela va encore s’accentuer d’autant que les États-Unis ont décidé de nouvelles sanctions contre l’Iran malgré, le communiqué du groupe PSA qui se voulait « rassurant ». Il écrivait ainsi que le marché Iranien ne représentait que 1%. Pourtant, dans les différentes usines en Europe, ce sont des secteurs entiers dédié à l’Iran qui sont démontés. Et cela fait annuellement plus de 450 000 véhicule pour le site Iran Khodro, ce qui n’est pas du tout négligeable. Les autres marchés comme la Russie et l’Amérique latine sont certes importants mais avec très peu de véhicules pour peser dans le marché du groupe PSA.

En conclusion sur les hausse de vente record du groupe PSA

La réalité est qu’en Europe comme partout dans le monde, le groupe PSA fait du profit et des records de vente mondial avec des suppressions de postes, du chantage à l’emploi, et ceci avec l’aval de la majorité des directions syndicales qui acceptent de vendre la classe ouvrière, en validant des accords de compétitivité. La précarisation des emplois est massive, les intérimaires sont plus de 10 000 sur les différents sites de production en France et en Europe. Et ce alors que l’argent coule à flot, le groupe PSA a récolté pas moins de 3 milliards d’euro en 2017. Aujourd’hui le niveau de précarité nous met dans une situation nouvelle et une responsabilité d’autant plus importante. Partout, les travailleurs sont les forces vives et demain ce sont eux qui feront basculer le rouage de l’exploitation capitaliste, à nous de leur donner les outils pour mettre le grain de sable sous le capot de PSA.

Crédits photos : Philippe Renault




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