^

Jeunesse

Le ministre Jean-Michel Blanquer demande aux CPE de fliquer les lycéens

Suite aux manifestations lycéennes de cette semaine, Blanquer envoie un mail aux CPE pour leur demander de recadrer leurs lycéens. Dans un contexte où la colère des lycéens a rejoint celles des Gilets Jaunes, le ministre redoute la force que peut constituer la jeunesse dans le mouvement. La répression des lycéens ayant été très violente cette semaine, il demande aux CPE d'agir de façon militaire dans les établissements, sans mentionner la violence que les forces de l'ordre ont fait subir à ces mineurs.

Photo : Joel Saget/AFP

Ce mercredi, le ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer a envoyé un mail aux CPE des lycées, afin de leur demander de recadrer leur lycéens. Voici un extrait du mail en question : « Au regard du degré de violence qui émaille certaines manifestations, il est indispensable d’appeler à la sérénité, au calme et au respect des personnes et des biens ». Ce mail tombe dans un contexte tendu, où depuis lundi, environ 280 collèges et lycées en France ont été perturbés ou bloqués, des manifestations spontanées ayant eu lieu tous les jours sous la répression violente des forces de l’ordre.

Si le Ministre dit être choqué par les arrestations des 148 lycéens à Mante-la-Jolie hier, il ne dénonce jamais la violence de la police, pourtant omniprésente face aux jeunes lycéens cette semaine. Gaz lacrymogènes à bout portant, grenades lacrymogènes et à détonations, flashballs tirés à moins de 5 mètres, autant de techniques de répression qui ont causé traumatismes et blessures – souvent graves – à de nombreux jeunes manifestants. L’hypocrisie de Blanquer est remarquable quand il écrit « au cours de ces derniers jours, des violences d’une intensité inédite sont apparues dans certains territoires de la part de groupes composés en partie de lycéens ». Le ministre appuie sans gène sur la violence des lycéens face à des policiers armés jusque aux dents.

Ce mail n’est pas étonnant venant du ministre de l’Education Nationale, qui, en demandant aux CPE de faire régner l’ordre dans leurs lycées, les met en position militaire dans leur cadre scolaire. En effet, cette communication est cohérente avec la mesure potentielle qu’il annonçait fin octobre, visant à mettre un policier par établissement scolaire afin de faire régner l’ordre. D’ailleurs, une quarantaine de proviseurs ont déjà été envoyés en « stage commando » de trois jours dans l’armée. Ce stage appelé « gestion de crise » semble surréaliste, comme si les lycéens constituaient un tel danger qu’il fallait une formation militaire.

La colère des lycéens est tout à fait justifiée et s’inscrit dans la colère générale qui se fait aujourd’hui entendre de la part du mouvement des Gilets Jaunes. Les revendications des lycéens rejoignent d’ailleurs beaucoup celles des étudiants : Abrogation de la loi ORE, suppression de ParcourSup, suppression des réformes du bac prévues pour 2021, etc. Le gouvernement tente de freiner le mouvement lycéen, qui emporte avec lui celui des étudiants, l’entrée en scène de la jeunesse risquant de radicaliser le mouvement en cours. La répression policière et les images violentes que nous avons vu cette semaine ont pour but de décourager la jeunesse d’unir ses forces avec le mouvement Gilets Jaunes et d’être présents samedi pour « l’Acte IV ».

Dans son mail adressé aux CPE, Blanquer conclut par « Je vous remercie donc de contribuer à l’apaisement dont nos lycéens ont besoin. ». Tandis que ces derniers confluent par milliers avec le mouvement d’ensemble en cours pour renverser Macron et mettre fin à la casse de l’éducation publique, l’ultra-violente répression ne semble pas « apaiser » les lycéens, qui semblent loin de se décourager comme en témoignent les chiffres des blocages, n’en déplaise au ministre.




Mots-clés

#Monlycéevacraquer   /    Jean-Michel Blanquer   /    Violences policières   /    Lycées   /    Répression   /    Jeunesse