Société

Sûreté SNCF partout, justice nulle part

Le port d’arme en civil pour la sûreté SNCF. Guillaume Pépy au service de la répression des quartiers populaires !

Publié le 5 septembre 2016

Il nous l’avait annoncé en avril dernier, ce n’est aujourd’hui qu’une affaire de quelques décrets d’application : les 3000 agents de sûreté SNCF pourront exercer armés et en civil à bord des trains à partir d’octobre. Derrière la vitrine de la « sécurité », la direction de la SNCF réprime les personnes des quartiers populaires, au service du gouvernement.

Manon Véret-Gay

C’est une offensive sécuritaire de plus, apparue suite à l’attaque du Thalys en août 2015. Le président de la SNCF Guillaume Pépy a confirmé cette décision en avril dernier, peu après la promulgation de la loi Savary, destinée à prévenir « les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs ». Si la mise en place d’agents armés devient donc possible, c’est par l’état d’urgence et ses perpétuelles prolongations.

Sur la voie du gouvernement

La loi Savary permettait déjà aux agents de la SUGE (Sûreté Générale) de faire des contrôles d’identité et de fouiller les sacs et bagages aux entrées des gares. Désormais, elle leur autorise le port d’arme en civil, ainsi que leur usage en cas d’attentat ou de « situations d’urgence ». Un usage dont le cadre même reste flou et relativement large, qui montre bien la difficulté à caractériser ou pas une situation d’ « attentat ». La SNCF précise que « la mise en œuvre pourrait aller très vite, mais il faut le temps d’équiper les agents et de les former au maniement de ces armes ».
De plus, au-delà du simple contrôle, la SUGE pourra retenir toute personne refusant un contrôle d’identité, de payer une amende ou de donner son adresse, et ce durant une heure… le temps que la police arrive pour prêter main forte aux agents de sûreté. Cette mesure sera permise par la loi Savary également, à compter de l’application des décrets en octobre prochain.

Main dans la main avec la police raciste

Le renforcement des contrôles d’identité et de titre de transport ne va qu’accroître la violence du contrôle au faciès, notamment en ce qui concerne les transports desservant les quartiers populaires. Déjà, si la SNCF émet la priorité de placer ses agents armés en civil sur les réseaux régionaux et TGV, elle ajoute à sa liste « certains » trains de banlieue. Elle précise aussi que « la publication des décrets permettra [aux agents de la SUGE] de mener d’autres missions en collaboration avec les forces de police ». En d’autres termes, il s’agit d’augmenter la présence policière dans des quartiers qui subissent la répression au quotidien.
Alors que la police pourra intervenir suite à un contrôle d’identité, sur un simple appel de la SUGE, les personnes vivant dans les quartiers populaires ne seront plus seulement les victimes du contrôle au faciès ordinaire, de la part des agents de sûreté SNCF. Elles pourront désormais se trouver face à la violence de la police raciste, celle qui a tué Adama Traoré et tant d’autres.