Politique

Le match Pays de Galles / Russie instrumentaliser pour réprimer le mouvement social ?

Le préfet souhaite interdire la manifestation du 20 juin à Toulouse. Tou.te.s dans la rue !

Publié le 18 juin 2016

Après le succès du 14 une nouvelle journée de manifestation est prévue dans toutes les grandes villes de France, ce lundi 20 juin. Mais à Toulouse, cette date coïncide avec la tenue du match Pays de Galles / Russie, classé à haut risque. Après les déclarations de Valls et de Hollande, le préfet haut garonnais serait tenté d’interdire la manifestation, profitant de l’aubaine pour porter un coup au mouvement. Au moment où nous écrivons ces lignes, aucune décision officielle n’a été rendue publique.

Julian Vadis

L’Euro comme prétexte à une répression plus forte du mouvement social

« À un moment où la France accueille l’Euro, où elle fait face au terrorisme, il ne pourra plus y avoir d’autorisation de manifester si les conditions de la préservation des biens et des personnes et des biens publics ne sont pas garantis », avait déclaré François Hollande à la suite de la manifestation du 14 juin, véritable hypercut pour le gouvernement qui ne s’attendais pas à une telle combativité du mouvement social près de 4 mois après le début de la mobilisation. Le message est on ne peut plus explicite : si la peur instaurée par l’état d’urgence et la tenue de l’Euro de football ne suffissent pas à stopper la mobilisation, il s’agit de passer à la vitesse supérieure. C’est à dire à instrumentaliser ces deux événements pour réprimer directement le mouvement social.

L’information selon laquelle le préfet de la Haute Garonne envisagerait d’interdire la manifestation du 20 juin à Toulouse, parue dans le journal 20minutes, n’a donc rien de bien surprenant. La rencontre entre le Pays de Galles et la Russie, dont une frange dure de supporters à occasionné de sérieux dégâts à Marseille notamment, est en effet une occasion en or pour la préfecture de porter un coup au mouvement social. Une stratégie bien connue du préfet haut garonnais, et une habitude à Toulouse où les interdictions de manifester étaient systématiques l’an dernier, lors de la mobilisation contre le barrage de Sivens et en mémoire de Rémi Fraisse. Par le biais d’un communiqué, Solidaires 31 a décidé de prendre les devants, et affiche publiquement son refus catégorique d’accepter une éventuelle interdiction de manifester.

Interdiction ou pas, tou.te.s dans la rue le 20 !

Si la préfecture tergiverse encore, déclarant vouloir jauger les risques de la tenue de ces deux événements, c’est bel et bien car l’exécutif n’est pas en position de force sur cette question. Spécialiste en matière de stratégie de la tension, la préfecture haut-garonnaise évalue avant tout le prix à payer en cas d’interdiction, car il est clair que quel que soit la décision prise, il y aura un cortège qui manifestera ce 20 juin. D’un coté, il est clair qu’interdire la manifestation entrainera une nouvelle hausse de répression dans la rue à Toulouse, ce qui pourrait potentiellement raviver les braises encore chaudes du mouvement Rémi Fraisse. Dès lors, l’inconnu réside dans le nombre de manifestants prêt à braver l’interdiction.

Il semble, pour l’heure, que les pressions dues à l’actualité politique et sociale sur l’ensemble du territoire et le durcissement de ton du gouvernement amène la préfecture à jouer la carte de l’interdiction de manifestation. Mais quand bien même cette rumeur se transformerait en fait avéré, la problématique pour notre camp social reste la même. La manifestation doit à minima être aussi massive que le 14, voire supérieure, pour porter un nouveau coup dans le combat de longue haleine contre la politique pro-patronale du gouvernement. Il est certain que ce coup serait d’autant plus dévastateur si la préfecture avait en amont décidé d’interdire la manifestation. Et c’est bien cela qui la fait tergiverser. Rendez vous est donc pris lundi 20 juin à midi aux allées Jean Jaurès.