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Le président du Medef veut contrôler les médecins qui délivrent plus de quatre arrêts maladie

En début de semaine, le président du Medef s’est exprimé sur les arrêts maladies en ciblant les « médecins gros prescripteurs », exigeant un contrôle systématique des médecins après le 4e arrêt maladie prescrit pour un même salarié, niant ainsi complètement la responsabilité des patrons dans la multiplication de ces arrêts maladies, liés à des conditions de travail toujours plus précaires.

Dans une interview donnée au Figaro en début de semaine, Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, a expliqué vouloir faire des économies en luttant contre les « médecins gros prescripteurs », autrement dit les médecins qui, pour le gouvernement et le Medef, donnent trop d’arrêts maladie.

Le président du syndicat patronal demande donc un « effort collectif » pour diminuer le coût des arrêts maladie. Sa première proposition ? « Un contrôle systématique » du médecin « après le 4e arrêt prescrit » pour la même personne. Et pour que les salariés n’aillent pas « voir ailleurs », il propose de « déterminer un parcours de prescription unique, dans lequel le médecin traitant serait le seul à pouvoir prescrire un arrêt ». De plus, Geoffroy Roux de Bézieux évoque la valorisation du « dispositif de la contre-visite médicale à l’initiative de l’employeur ».

Et le flicage ne s’arrête pas là, c’est un renforcement général du contrôle des salariés malades qui est exigé par le patronat : « vérifier que les assurés sociaux respectent bien les heures de sortie autorisées, envoient leurs arrêts de travail dans le délai de 48 heures, etc. »

Niant complètement la responsabilité des patrons dans la multiplication des arrêts maladie, le syndicat patronal explique donc que c’est un effort collectif qui doit être fait, rejetant la responsabilité sur les médecins et les salariés, et prétendant que les entreprises sont déjà « largement responsabilisées sur le sujet ». Un discours qui ne peut que choquer aux vues des causes de ces arrêts maladies qui se multiplient, liées évidemment à la casse des conditions de travail des ouvriers, qui se détruisent psychologiquement et physiquement au travail jour après jour. La semaine dernière, ce sont quatre cheminots qui sont décédés à la SNCF, dont un suicide, un heurté par un train, et deux par accident sur un chantier ferroviaire.




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