^

Politique

Extrême droite

Le procureur requiert 7 et 12 ans de prison pour les assassins de Clément Méric

Le procès des assassins de Clément Méric, mort en 2013, arrive à son terme. Les peines requises par le procureurs de 7 et 12 ans de prison, bien qu’elles semblent importantes, ne le sont pas tant que ça. En effet, les membres du groupuscule d'extrême droite ne sont poursuivis que pour « violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Crédits : Benoit PEYRUCQ / AFP

Le procès du meurtre de Clément Méric arrive est en cours depuis début septembre, 5 ans après les faits. Pour rappel, Clément Méric militant anti-fasciste est mort le 5 juin 2013 des coups portés par des militants du groupuscule d’extrême droite Troisième Voie au cours d’une rixe. Trois militants du groupes sont jugés pour ces faits à la cours d’assise. Esteban Morillo et Samuel Dufour pour « violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner », le troisième skinhead, Alexandre Eyraud est poursuivi pour avoir participé à l’action collective.

Il faudrait cependant remettre en question ce qualificatif « ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». En effet, chez les militants de l’extrême droite violente, l’idée de s’attaquer aux « gauchistes », aux homosexuels, ou aux étrangers est une constante. Que ces agressions, qui visent à supprimer physiquement leurs adversaires, finissent par entraîner la mort n’est que la conséquence logique des actions de ces nazillons. En somme, l’extrême droite tue, et s’obstiner à ne parler que d’une bagarre qui a mal tourné, c’est en être complice.

Ensuite, ce procès qui voit à la barre trois jeunes militants laissent complètement hors de cause les idéologues d’extrême droite comme Serge Ayoub, le mentor des jeunes qui ont tué Clément Méric. C’est lui qui avait fondé le groupe auquel appartenaient les accusés. C’est dans son bar que ses protégés sont venus célébrer, après la rixe du 5 juin 2013, la mort de Clément. Et pourtant il s’est contenté d’un simple témoignage indécent. Devant la cours, il a relativisé l’importance du poison idéologique qu’il distille, disant qu’il ne s’agit là que d’une forme de démocratie directe. Son témoignage d’une heure sera aussi l’occasion de donner son avis sur les jeunes d’extrême droite pour lesquels « la croix gammées n’est qu’une façon de dire va te faire foutre » et, comble de l’indécence, il ira jusqu’à déclarer, à propos de Clément Méric, qu’« il l’a voulu ».

Le verdict est prévu pour le 14 septembre, mais d’ors et déjà on peut dire qu’il n’a pas été question de faire « le procès de l’extrême droite ». Le système judiciaire, en faisant porter l’entièreté de la faute sur trois nazillons, épargne l’extrême droite. Dans ce contexte, perpétuer la mémoire de Clément Méric c’est aussi et surtout défendre des positions anticapitalistes et révolutionnaires au quotidiens. Ces positions en rupture avec les système actuel, à l’ombre duquel les skinheads prospèrent, sont le seuls moyens pour en finir avec l’extrême droite.




Mots-clés

Extrême-droite   /    Politique