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Culture et Sport

Violences policières

Le rappeur Reef sort un clip contre le harcèlement policier des quartiers populaires

Alors que les violences policières dans les quartiers populaires sont plus que jamais d'actualité et que le gouvernement souhaite faire rentrer dans le droit commun certaines dispositions de l'état d'urgence, un clip du rappeur Reef témoigne de l'angoisse quotidienne dont font l'expérience leurs habitants face au harcèlement des forces de l'ordre.

Presque un an après l’assassinat d’Adama Traoré par des policiers, et le jour où une contre-expertise confirme son décès par asphyxie, est sorti « stop », le premier clip du jeune rappeur Reef originaire de Marseille, qui a le mérite de nous faire voir en plus des violences physiques une facette plus méconnue de l’état policier ; la violence psychologique, l’angoisse et l’appréhension qui en découlent.

Une cité HLM la nuit, des jeunes noirs, bandés, ligotés, dans un territoire qu’ils semblent maitriser mais qui pourtant est leur enfer, à l’image d’une série de zombies.
On les voit fuir, mais on ne voit personne les poursuivre, comme si le mal qui les traquait était la fatalité d’une société inégalitaire qui les contraindrait à en tenir le rôle de proies.

Nous écrivions en février dernier à propos des crimes ordinaires de la police :

« L’objectif est d’abord de créer un climat de terreur. On se souvient de la fuite de Zyed et Bouna qui, poursuivis par des flics, se sont précipités dans une zone dangereuse et sont morts électrocutés. C’est par crainte des représailles et parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui qu’Adama a fui et a fini étouffé au fond d’un commissariat. C’est aussi la fuite d’un gamin que raconte Mohamed, le copain de Théo, lui aussi victime de la police une semaine auparavant : « J’ai vu un petit de la cité courir, avec derrière lui un homme de grande taille, vêtu d’un manteau à capuche avec de la fourrure. Il a fait une balayette au petit à cinq mètres de moi. Il ne portait pas de brassard. Il m’a dit qu’il était policier ». »

Des persécutions qui comme le rappelle Reef sont permanentes pour les personnes racisées.

« si être heureux et libre est de mise, est-ce un crime d’être noir ? »

Montrer cette violence à la fois psychologique et physique que subissent les personnes racisées dans les quartiers populaires sonne particulièrement juste, alors même que la police ne cesse d’humilier, harceler, agresser, violer et tuer impunément ; et que les médias traditionnels invisibilisent non seulement cette souffrance, mais donnent en outre systématiquement raison aux forces de l’ « ordre ».

Le morceau se termine par les phrases « ils veulent me choper dans ma cité, il veulent me choper dans mon tiek » répétées, hurlées, frénétiquement dans une rage partagée par un grand nombre d’habitants des quartiers populaire, et qui s’est déjà traduite cette année par des révoltes et des manifestations de rue, que ça soit (entre autres) après l’assassinat d’Adama ou le viol de Théo à Aulnay.




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