Société

Le Conseil d’État valide le principe du référendum

Le référendum de Notre-Dame-des-Landes : dernier recours du gouvernement pour sauver sa légitimité et son aéroport

Publié le 20 juin 2016

Plus de 50 000 personnes ont manifesté contre l’aéroport Grand Ouest le 27 février 2016 sur la quatre-voies bordant Notre-Dame-des-Landes, un nombre record révélateur d’une contestation grandissante, née dès les années 60 lors de l’annonce du projet. Ayant échoué dans toutes leurs tentatives pour faire reprendre les travaux malgré cette opposition, l’État et Vinci ont décidé de lancer l’idée d’un référendum local pour trancher une fois pour toutes la question. Le Conseil d’État vient de valider lundi 20 juin le principe référendaire. Une manière, espèrent-ils, de sauver leur légitimité et, surtout, leur aéroport.
Camille Breks

Une contestation qui dure

Alors que les travaux de l’aéroport devaient commencer en 2014 pour une ouverture prévue en 2017, Notre-Dame-des-Landes reste à ce jour un bocage préservé de la destruction grâce à la mobilisation de ses habitants, des agriculteurs, des associations ainsi que des militants et zadistes qui l’occupent depuis à présent 8 ans.

L’Etat et la multinationale Vinci ont échoué à toutes leurs tentatives d’expulser les occupants afin de commencer les travaux. A chaque opération policière et destruction de bâtiments de la ZAD, de nouveaux étaient reconstruits et des rassemblements avaient lieu afin de signifier la solidarité aux occupants ainsi que pour montrer au gouvernement qu’il ne pourrait pas détruire le bocage afin de construire un aéroport.

Le référendum : nouvelle tactique du gouvernement pour en finir avec le blocage

Depuis le départ, l’État use de tous ces pouvoirs afin de réaliser ce projet, que ce soit par la répression comme par la législation. Dernier épisode en date le 13 janvier 2013, la justice a autorisé l’expulsion de onze familles et quatre agriculteurs « historiques » de Notre-Dame-des-Landes.

Alors que le gouvernement plonge depuis des mois dans les sondages, et encore plus depuis le début du mouvement contre la loi travail, son échec à construire l’aéroport le fragilise fortement. Après avoir usé de la force, il change aujourd’hui de tactique en appelant à un référendum afin de se légitimer en usant d’un moyen à l’apparence démocratique. Afin de l’organiser, le gouvernement a modifié un projet d’ordonnance permettant des « consultations locales sur des projets relevant de la compétence de l’État », qui à l’origine ne concernait pas les projets d’intérêts nationaux. Un beau tour de passe-passe afin de pouvoir organiser un référendum tout spécialement pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Cependant, ce référendum est loin de correspondre au « dialogue environnemental » tant prôné par le gouvernement puisqu’il révèle encore une fois la stratégie grossière de celui-ci, qui tente à tout prix d’imposer le projet. En effet, lorsque le référendum a été annoncé en février dernier, la question du périmètre choisi restait en suspens. Ce fut finalement le département Loire Atlantique qui fut choisi, pour la simple raison que c’était la seule entité administrative où les sondages effectués furent favorables au projet à hauteur de 58%.

Or, l’aéroport Grand Ouest est avant tout voulu comme une plate-forme aéroportuaire de grande capacité dédié à la desserte des régions Pays de la Loire et Bretagne, dépassant ainsi largement les frontières du département Loire Atlantique. De plus, ce périmètre correspond seulement à 18.5% de l’engagement financier du public (État et collectivités), soit 43.9 millions d’euros sur les 561 nécessaires à la réalisation du projet.

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est scandaleux pour bien plus de raisons que le simple périmètre du référendum. Il est symptomatique d’un État qui use de tous les moyens afin d’imposer un projet fortement contesté mais voulu par une grande multinationale, Vinci.

Alors que le référendum aura bel et bien lieu le dimanche 26 juin, comme vient de le confirmer aujourd’hui le Conseil d’État, une série d’articles paraîtra sur Révolution Permanente dans la semaine pour dévoiler le vrai visage du projet de Notre-Dame-des-Landes.

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