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Politique

A cogiter dans le secret de l’isoloir (et avant)

Le seul vote utile, c’est le vote Poutou

Alors même que l’échéance du premier tour de la présidentielle approche, jamais, sous la Ve République, les élections n’auront été aussi incertaines. Face aux néo-libéraux Macron et Fillon, ou encore la xénophobe Marine Le Pen, le seul vote utile qui vaille c’est le vote Poutou, candidat du NPA

Crédit image : Allan Barte

C’est comme sur des montagnes russes que les candidats à la présidence de gauche comme de droite glissent en alternant moment d’euphorie, moment d’accalmie, jusqu’à la dépression. Passés d’outsiders à grand favoris en l’espace de quelques semaines, certains en sont désormais réduits à un rôle de figuration. Benoît Hamon ou François Fillon en sont les plus criantes illustrations, même si l’on ne peut exclure que le candidat de droite soit définitivement éliminé. Ainsi le PS comme les Républicains se retrouvent relégués au rang de spectateurs du second tour, expression d’une crise profonde du régime de la Ve République.

Cette crise des partis traditionnels est couvée de longue date. Ses causes sont à rechercher du côté de la crise économique et sociale prolongée à laquelle ont répondu 30 années durant, les gouvernements de droite comme de gauche, par la mise en place de cures austéritaires. Les politiques néo-libérales ont mis à nu pour des millions de personnes que les partis qui gouvernent, en réalité, sont au service des grands patrons. Dès lors, le néo-libéralisme de Macron, et le populisme de droite de Marine Le Pen, capitalisent et sont en passe aujourd’hui d’accéder au second tour de l’élection présidentielle.

Face à l’accroissement du chômage de masse, les néo-libéraux tentent de nous imposer la précarité pour tous tandis que le parti d’extrême-droite veut nous diviser en instillant son poison xénophobe, raciste et islamophobe. C’est dans ce contexte où les classes dominantes sont bien déterminées à nous faire payer la crise de leur système qu’il s’agit, dès le premier tour de la présidentielle, d’opposer au vote « utile » pour notre camp social, un vote de classe en toute indépendance du grand patronat, loin de tout « partenariat » et de toute négociation, internationaliste, anti-impérialiste et antiraciste.

Il s’agit d’un vote pour réaffirmer notre conscience de classe. Cette conscience, déjà esquissée par une avant-garde large du monde du travail et de la jeunesse, c’est celle d’un anticapitalisme qui a bataillé contre la loi travail et son monde. Une loi que Hollande a imposée au moyen d’un tournant autoritaire et de l’usage des mécanismes les plus anti-démocratiques du régime. Le prochain gouvernement entend pour sa part enfoncer le clou et gouverner à coup d’ordonnances. A cette détermination, c’est bien la préparation des combats d’ensuite qu’il s’agit de faire primer.

Le vote Poutou est un vote pour un programme qui ne cède pas à un « protectionnisme » même « solidaire », qui tend à amplifier les barrières déjà érigée par les frontières que les classes dirigeantes ont historiquement héritées ou tracées entre les salariés du monde entier. Notre programme réaffirme notre conscience internationaliste. Loin de céder au « populisme » et à l’instigation à la reconstruction d’une mémoire collective en appelant au peuple, qui par définition est floue et interclassiste, voter Poutou c’est œuvrer à unifier nos rangs, en plaçant nos frontières non entre les nations, mais entre les classes sociales.

Le vote NPA, c’est un vote pour un programme qui, loin de construire un « indépendantisme français » pour coordonner la paix entre grandes puissances au sein de l’ONU, se formule comme clairement anti impérialiste. Un programme pour qui construire la paix, réellement, ne peut qu’exiger l’arrêt immédiat des bombardements et de toute intervention impérialiste. Il suffit de se rappeler notamment de l’intervention en Libye sous l’égide de l’ONU, soutenue à l’époque par Mélenchon, qui n’a que participé au chaos généralisé qui règne dans la région.

Pour Clémentine Autain, « Mélenchon est devenu le vote utile de conviction à gauche ». Néanmoins, ce ne sera pas par la relance économique, au profit de certains, mais par la relance de la défense nos intérêts de classe que nous pourrons commencer à construire le rapport de force. Au premier tour, il est décisif que l’extrême-gauche, que Philippe Poutou, recueille le maximum de voix, en vue de la préparation des combats pour l’avenir. Il s’agit d’un vote pour se compter, un vote pour se donner confiance, c’est ce qu’exprime la candidature du seul candidat ouvrier de cette présidentielle.

C’est pour l’ensemble de ces raisons, indépendamment de la dynamique ascendante de la France Insoumise, que le seul vote utile, c’est celui de Philippe Poutou.




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