^

Monde

Grèce au bord du défaut de paiement

Le spectre du Grexit gronde à nouveau dans l’UE

Malgré le vote, jeudi dernier, d’une loi qui impose encore plus d’austérité aux travailleurs grecs, les ministres des finances de l’eurozone n’ont pas approuvé la nouvelle tranche d’aide dont Athènes a besoin pour honorer l’échéance de remboursement de juillet prochain.

Réunis à Bruxelles lundi 22 mai, les ministres de la zone euro se sont quittés au milieu de la nuit sans parvenir à un accord sur le versement d’une nouvelle tranche d’aide à Athènes, alors que le gouvernement Tsipras espérait au moins 7 milliards d’euros de prêts.

Espérant un accord à l’Eurogroupe, le Parlement grec a adopté, jeudi 18 mai, une loi « omnibus » portant sur 45 des actions préconisées par les créanciers, dont la 14e réforme des retraites depuis le début de la récession en 2010. En contrepartie, ils espéraient un déboursement d’une nouvelle tranche d’aide européenne de 7 milliards d’euros, indispensable pour rembourser d’anciennes créances en juillet prochain.

Alexis Tsipras, le premier ministre de la gauche « radicale », arrivé au pouvoir en se présentant comme la nouvelle gauche capable de devenir un rempart contre l’austérité, montre une fois de plus son rôle d’agent direct de la Troika en Grèce, en imposant encore plus d’austérité avec la loi omnibus, sans pour autant avoir réussi à obtenir jusqu’à présent de concessions significatives de la part de ses créanciers. Il n’a fait que réitérer les politiques anti-ouvrières des gouvernements qui l’ont précédé, conservateurs ou sociodémocrates. Cela a engendré une profonde déception chez les travailleurs et la jeunesse qui avaient fait confiance à Syriza. Mais cela provoque aussi la colère, qui s’est exprimé lors de manifestations et grèves contre la loi omnibus.

Grève générale et manifestations contre la nouvelle loi austéritaire du gouvernement Tsipras

La loi omnibus prévoit des nouvelles coupes dans les retraites – déjà amputées à treize reprises depuis le début de la crise en 2010 – et de nouvelles hausses d’impôts, y compris pour les ménages à la limite du seuil de pauvreté, en même temps qu’une réduction de charges fiscales pour les plus riches.
Pour protester contre cette nouvelle cure austeritaire du gouvernement Tsipras, diverses manifestations ont eu lieu tout au long du pays la semaine dernière, en même temps que des grèves partielles.

Mercredi 17 mai, la Grèce a vécu la première grève générale de l’année. Aucun bateau reliant le Pirée aux 200 îles grecques n’a quitté son ancrage. À Athènes, métro, bus, tramway, étaient paralysés, les services publics et secteurs du privé ont aussi été touchés. De nombreux vols, surtout intérieurs, ont été annulés tandis que les vols internationaux ont dû reprogrammer leurs horaires en raison de l’adhésion des aiguilleurs du ciel. Plus de 15 000 personnes ont participé à la manifestation appelée par les syndicats, qui a été fortement réprimée.

Ces derniers mois, le gouvernement Tsipras a fait avaler à la population grecque pas moins de 140 mesures de rigueur (réformes, réduction des dépenses, augmentation des prélèvements), tout en espérant toucher d’autres prêts dans le cadre du troisième plan d’aide (86 milliards au total, décidé à l’été 2015). Mais le FMI réclame, en échange de son ralliement, un allégement substantiel de la dette grecque. Allégement dont les Allemands, mais aussi les Finlandais ou les Néerlandais contestent la nécessité.

Le 15 juin aura lieu la dernière réunion de l’Eurogroupe avant l’échéance de remboursement de juillet. Reste à voir si le FMI et le gouvernement Allemand arrivent à se mettre d’accord sur qui va saigner le plus les travailleurs grecques, trahis à nouveau par le gouvernement Tsipras.




Mots-clés

Grèce   /    Monde