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Notre classe

Edito - Justice de classe

Le véritable acharnement judiciaire et policier, il touche les jeunes des quartiers et le monde du travail

Depuis le début du Pénélope Gate, François Fillon s'égosille : le candidat de la droite est victime d'un acharnement judiciaire. Déclarations après déclarations, cette thèse est devenue centrale dans la défense de Fillon, allant jusqu'à dire que « la démocratie est attaquée » et parle ouvertement d'un « complot » fomenté tantôt par la presse, tantôt par le gouvernement. Mais face aux preuves solides qui l'accusent, les gesticulations en tout sens de Fillon sont aussi ridicules qu'outrageuses pour celles et ceux qui, quotidiennement dans les quartiers et dans tout mouvement contestataire, subissent de plein fouet les violences policières et les affres d'une justice de classe. Julian Vadis

Nul besoin de remonter très loin dans le temps pour voir apparaître le double visage de François Fillon. Début février,le jeune Théo se fait interpeller, puis violer par la police à Aulnay-sous-bois. Très vite, la question des violences policières revient sur le devant de la scène, quelques mois après l’assassinat d’Adama Traoré et la répression massive qui a rythmé la mobilisations contre la Loi travail. François Fillon s’insurge et condamne toute déclaration ou manifestation remettant en cause le rôle de la police, qu’il juge en tout point exemplaire. Voici ce même Fillon qui déclare aujourd’hui être victime d’un acharnement judiciaire et médiatique, se portant presque en révolutionnaire qui ne « céderait pas » face à la toute puissance d’un système voulant sa mort. Une position grotesque, un paradoxe trop énorme pour ne pas sauter à la figure, une injure lancée aux visages de toutes celles et ceux qui subissent les violences policières, sont déférés devant les tribunaux et condamnés à de lourdes peines pour avoir lutté.

Théo, Adama, et avant eux Zyed et Bouna et tant d’autres, tués, violés, humiliés dans les quartiers populaires par la police. Pour avoir osé dénoncer ces atrocités, la famille Traoré est aujourd’hui persécutée par le gouvernement. Le frère d’Adama, Bagui, est emprisonné et accusé aujourd’hui de tentative d’assassinat, un comble ! Là aussi, François Fillon a son avis sur la question. Dans le sillage de ses sbires Républicains voulant interdire les manifestations contre les violences policières, il a établi un véritable programme de répression, avec notamment l’avancée de la « majorité judicaire » à 16 ans. Les juges n’ont pas attendu Fillon pour condamner des mineurs dans les affaires de manifestations contre les violences policières. Aujourd’hui encore, les condamnations tombent pour les travailleurs et étudiants mobilisés lors de la Loi travail et toute contestation est réprimée.

François Fillon n’est pas victime d’un acharnement judiciaire, c’est une vie entière de magouilles, corruption et détournements de fonds qui ont éclatés au grand jour et dans le cadre d’une crise de régime, ses soutiens se sont avérés incapables de formuler un discours un tant soit peu convaincant pour sauver sa peau, et la leur, par la même occasion. Il n’est d’ailleurs pas le seul à voir apparaître des cadavres du placard, comme en atteste l’affaire touchant Marine Le Pen ou bien encore les liens d’Hamon avec l’industrie du grand luxe.

« La racaille, c’est eux », a dénoncé Philippe Poutou sur BFM TV. A contrario, ce sont bel et bien la jeunesse des quartiers populaires, les militants des mouvements sociaux et du mouvement ouvrier qui ont affaire à une justice de classe au service des intérêts des classes dominantes et sont les seules victimes d’un acharnement impitoyable. A ce titre, il s’agit de porter un programme unificateur de notre camp social, pour faire face à cette justice qui nous attaque violemment et pour faire face au programme du futur président de la République, qui nous promet la régression sociale à tous les étages. Un programme de lutte contre les violences policières et la justice de classe, contre la précarité et le chômage et pour l’ouverture des frontières. Loin de leurs intérêts, défendons les nôtres.




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