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Politique

Marchande de sommeil ?

Législatives : La candidate En marche de Saint Denis a loué illégalement un appartement insalubre

D’après les révélations de Médiapart de ce mardi 30 mai, la candidate aux législatives de La République à Saint Denis (2ème circonscription de Seine-Saint-Denis) loue depuis 2011 en toute illégalité et à un prix exorbitant un appartement situé dans un immeuble du centre-ville de Saint-Denis qui menace de s’effondrer. Vous avez dit marchand de sommeil ?

Après l’affaire d’une vente immobilière frauduleuse impliquant le porte-parole du gouvernement Richard Ferrand, les soupçons d’emplois fictifs au Parlement Européen qui touche sa ministre des affaires européennes, Marielle de Sarnez, voilà un nouveau scandale dont la République En Marche voudrait bien se passer. La candidate aux législatives pour la majorité présidentielle dans la 2ème circonscription de Seine-Saint-Denis, Véronique Avril vient d’être épinglée par le journal Médiapart pour ses pratiques de location illégale de son appartement de Saint Denis.

L’appartement de 23m², situé au 15 place Victor Hugo, en face de la mairie de Saint-Denis, a été acheté en 2011 et est loué à 650 euros mensuels, un prix largement supérieur à la moyenne du mètre carré sur la ville. La locataire occupant les lieux en 2013 fait part à l’agence de l’état d’insalubrité de l’habitation « humide », « sans électricité », avec des « rats dans la cour » et réclame des travaux. En effet, l’immeuble dans lequel se situe l’appartement a été déclaré insalubre et « en péril » par la préfecture de Seine-Saint-Denis par deux arrêtés, le premier en 2004, le second en 2008, donc avant son achat par la candidate LREM. Des photos, parus dans le Journal de Saint-Denis du 9 janvier dernier font état d’un immeuble aux « cages d’escaliers sordides, aux murs lézardés » et qui risque de s’effondrer et dont les murs sont soutenus par des poutres de fortune, en bois et en métal.

Comme le rappelle Médiapart, la location d’un appartement située dans un immeuble déclaré en péril est parfaitement illégale. Face aux faits qui lui sont reprochés, Véronique Avril, contactée par Médiapart, plaide la naïveté, se défend par méconnaissance du droit. Quant au montant des loyers fixés elle renvoie à la responsabilité de l’agence. C’est aussi à celle-ci que Véronique Avril renvoie quand Médiapart la questionne sur la procédure de saisie orchestrée par un huissier pour récupérer les loyers non payés (et qui auraient été illégalement perçu au vue de l’état du bâtiment et de l’appartement pour lequel aucun nouveaux travaux n’avaient été réalisés).

Encore une nouvelle affaire qui brise le masque de la « moralité » dont voudrait se parer le nouveau gouvernement et sa future majorité. Et qui révèle au grand jour qui sont vraiment les candidats « de la société civile » choisis par la République En marche. En l’occurrence ici, une escroc.

Photo : CHARLY TRIBALLEAU / AFP




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