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Législatives algériennes. Bourrage d’urne, FLN en tête et... plus de 61% d’abstention

Les résultats officiels sont tombés, et ils confirment l'ensemble des tendances. Le FLN et son allié le RND trustent les sièges à l'Assemblée, alors que plusieurs cas de bourrage d'urnes ont été constaté et que l'abstention s’élève à 61.75%.

Si les résultats doivent encore être validé par le Conseil Constitutionnel, les résultats officiels sont tombés pour les élections législatives algériennes. Le FLN (Front de Libération Nationale, du président Bouteflika) truste le haut du podium, avec 164 sièges obtenus, devançant sont allié du RND (Rassemblement National Démocratique, 97 sièges). Ce sont donc 261 des 462 de l’Assemblée qui reviennent au pouvoir en place, loin très loin devant le premier parti d’opposition, le MSP (formation islamiste) qui obtient... 33 sièges. Pour les formations "démocratiques", le camouflet est grand. Aucun de ces partis n’aurait obtenu suffisamment de sièges pour pouvoir constituer un groupe parlementaire, qui nécessite 21 députés.

Jusqu’à l’annonce des résultats, la journée a été marquée par les multiples dénonciations et plaintes en tout genre vis-à-vis de bourrage d’urne.

L’administration a gonflé le nombre de bulletins nuls à travers le vote des militaires pour permettre à ses affidés en #Kabylie d’accéder au Parlement. Presque 14 000 bulletins sur 97 000 votants rien que pour Bejaia. Une volonté sournoise de discréditer toute représentation nationale.

Atmane Mazouz, tête de liste du RCD (opposition laïque)

A 11 heures ce matin, 34 cas de « dépassements » ont été reconnus officiellement, sur les quelques 358 saisines effectuées auprès de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE, nommée par... le président Bouteflika). « Les villageois ne comprenaient pas pourquoi et comment des centaines de militaires étaient soudainement inscrits sur les listes électorales de ces petits patelins [en Kabylie] » a ainsi rapporté un journaliste présent sur place tandis que des opposants au pouvoir en place se sont filmés à Oran, devant un tas d’enveloppe après le dépouillement en déclarant : « Ce n’est pas normal car le nombre d’enveloppes dépasse le nombres de votants. »

Malgré ces malversations qui ne font guère de doute, la principale crainte des autorités, celle d’une abstention "officielle" supérieure aux élections législatives de 2012 est enterrée. Avec une participation de 38,25 % (contre 42,90 % en 2012), l’abstention s’élève donc à 61.75 %. Plus encore, le vote blanc serait majoritaire selon l’AFP, sans que les chiffres n’ait été pour l’heure divulgués. C’est donc avec une légitimité bafoué et une base sociale extrêmement réduite que les députés élus siégeront à l’Assemblée. En ces temps de crise économique profonde, le pouvoir en place se retrouve donc dans une situation de forte instabilité. Une donnée importante qui influera forcément sur les marges de manœuvre disponible en cas de forte tensions sociales.




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