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Politique

Mauvaise nouvelle pour Macron

Législatives partielles : abstention record, LREM fléchit, le PS s’effondre

Toutes proportions gardées, les législatives partielles à Belfort et dans le Val d’Oise permettent de tirer quelques enseignements après huit mois d’exercice du pouvoir de Macron : une abstention monstre, une poussée de la droite LR, LREM qui fléchit, et le FN qui s’affaisse, la FI qui capitalise et surtout le PS qui s’effondre définitivement.

Après leurs invalidations respectives, les élections législatives ont eu lieu à nouveau dans la première circonscription de Belfort et la première circonscription du Val d’Oise. Le premier résultat marquant est l’abstention, monstre, avec respectivement, près de 70% et de 80% des électeurs qui ne sont pas exprimés. Un score qui invite à relativiser les scores des différents candidats, la première force politique étant celle des abstentionnistes.

Le deuxième enseignement, c’est le fléchissement des candidats LREM et MoDem, qui perdent cinq (de 31,83 % à 28,2% pour Christophe Grulder à Belfort) et six points (de 35,93% à 29,28% pour Isabelle Muller-Quoydans dans le Val d’Oise). Une tendance qui n’annonce rien de bon pour le gouvernement qui, en seulement huit mois d’exercice du pouvoir, a multiplié les lois antisociales. Sans que l’on puisse tirer des enseignements définitifs, il est à noter que les législatives partielles font souvent office pour les présidents nouveaux présidents élus de signe avant-coureur. A l’image du prédécesseur de Macron, François Hollande, dont les revers électoraux de décembre 2012 avait été la première étape d’un déclin inexorable dans toutes les élections locales qui ont suivi.

La droite LR, connait une poussée importante, gagnant 6 points dans le Val d’Oise et même quinze points pour Ian Boucard à Belfort. Après la traversée du désert qu’a connu LR après les affaires de corruption de Fillon durant la campagne présidentielle, le parti s’est remis sur pied et semble être en capacité de devenir la principale force d’opposition à Macron. Ce que l’on peut pointer, c’est une forme de démobilisation des électeurs LREM qui ont dans une certaine mesure préférée s’abstenir, mais aussi une incapacité pour Macron à couper l’espace à droite, quand bien même il chasse toujours plus à droite avec comme illustration sa circulaire anti-migrants adoptée récemment, digne de l’extrême droite, et qui a créé des remous jusque dans sa propre majorité. Les électeurs de droites préfèrent toujours plus l’original à la copie, cela d’autant plus que la ligne Wauquiez s’extrêmise, et que pour l’heure les affaires de clientélisme dans lesquelles il est impliqué sont banales, du point de vue de son électorat.

Le FN semble quant à lui ne s’être toujours pas remis de la défaite du second tour des élections présidentielles. Pressé par une droite dirigée par la figure réactionnaire de Wauquiez, et affaibli par le départ de Philippot, le FN ne sait plus sur quel pied danser. Conséquence, le parti d’extrême droite perds 5 points dans le Val d’Oise et divise même son score par deux à Belfort, un score dont ne profite pas pour autant le nouveau parti de Florian Philippot, Les Patriotes, qui ne dépasse pas la barre des 2%.

A gauche enfin, La France Insoumise capitalise sur une mobilisation plus forte de son électorat, en obtenant le même score, 11,5%, dans les deux circonscriptions. Une nouvelle dont s’est réjoui Jean-Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux. D’autant plus que son ancien parti, le PS, s’effondre littéralement. Avec un très mauvais score dans le Val d’Oise (6,9%). A Belfort, dont la circonscription était tenu par le PS et Chevènement, l’ancien parrain de Philippot entre 1993 et 2002, c’est la Berezina. Il réalise à peine mieux que le candidat de LO (1,6%) à Belfort : 2,6%. Un revers qui s’ajoute à la désertion militante qu’a connu le parti depuis plusieurs mois, qui semble bel et bien « mort » comme certains analystes l’avaient prophétisé ces derniers temps.

Ces résultats viennent donc confirmer que le gouvernement n’est pas si solide qu’il le laisse paraître, et que la « société civile » est loin d’avoir réussi à maquiller la persistance de l’ancien monde que Macron représente. Après avoir connu une certaine embellie de sa popularité au mois de novembre et décembre, celle-ci est repartie fortement à la baisse au mois de janvier. 50% des personnes interrogées portent désormais un bilan négatif sur son action. Une défiance qui s’exprime également dans les taux d’abstention record lors des législatives partielles et qui ne manque plus qu’à se cristalliser pour faire reculer le gouvernement sur les prochaines attaques antisociales que celui prévoit de mettre en œuvre.




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