^

Jeunesse

Le vote des jeunes

Les 18-24 ans ont voté à 30 % pour Mélenchon… et se sont abstenus à 29 %

Lors du premier tour de la présidentielle, 30 % des jeunes (18-24 ans) ont voté pour le candidat de la France insoumise, devant Marine Le Pen qui n’a récolté que 21 % de leurs voix. Un chiffre inférieur au 29 % d’abstention pour cette tranche d’âge.

Selon l’institut de sondages Ipsos, la majorité des jeunes a donc plébiscité Jean-Luc Mélenchon (30%) devant Marine Le Pen (21%) et Emmanuel Macron (18%). Cette même étude a révélé que plus l’électoral vieillit, moins le candidat de la France insoumise est parvenu à capitaliser des voix. Il s’agit donc d’un pari réussi pour Jean-Luc Mélenchon qui a particulièrement ciblé la jeunesse dans sa stratégie électorale. Le candidat s’est servi tout au long de sa campagne des outils qui étaient mis à sa dispositionpour toucher cette tranche de la population, notamment par une utilisation active et réussie des réseaux sociaux, comme le témoignent les 280000 abonnés de sa chaîne Youtube.

Le vote des jeunes est en réalité très volatile : à quelques semaines de la présidentielle, près d’un jeune sur deux n’était pas sûr d’aller voter. Au final, ce sont 29% d’entre eux qui se sont abstenus, un chiffre plus élevé que la moyenne toutes tranches d’âge confondues. Car la génération qui se rend dans les urnes pour la première fois en 2017 est mise face à une grande précarité couplée d’un chômage de masse, dans un contexte politique d’effondrement du bipartisme.

Mais alors qu’il y a encore à peine quelques mois, un jeune sur trois se disait prêt à voter pour le Front national, 30% des 18-24 ans ont voté pour des mesures telles que la réduction du temps de travail, l’augmentation du SMIC ou la transition écologique, signes positifs des aspirations politiques de la jeunesse… et ont été presque aussi nombreux à ne pas trouver leur compte dans les idées réactionnaires proposées par Le Pen ou les idées libérales d’un Macron, pour ne citer que les deux finalistes. Cette polarisation sur la gauche du vote des jeunes n’est pas uniquement la conséquence d’une campagne réussie. La percée du vote Mélenchon chez les jeunes, tout autant que le rejet explicite de ce système via l’abstention, est l’expression d’une rupture de cet électorat avec le Parti socialiste ainsi que son bilan catastrophique et d’un processus de politisation initié durant le mouvement contre la loi Travail au printemps dernier, qui a éteint les dernières illusions portées sur le PS ; mais qui n’a pas pour autant largement fait le choix du FN pour exprimer son abandon des partis traditionnels.

La polarisation de la jeunesse vers la gauche s’exprime également dans le rejet généralisé du vote Macron au deuxième tour comme vote utile, et d’un refus du front républicain. A juste titre, ce vote est perçu comme n’étant en aucun cas une solution pour lutter efficacement contre les idées xénophobes et réactionnaires. On voit en effet émerger sur les réseaux sociaux depuis plusieurs jours le slogan « Ni patrie, ni patron. Ni Le Pen, ni Macron », symptôme d’une jeunesse qui se refuse de faire barrage à l’extrême droite par un vote en faveur d’une politique libérale ouvertement anti-ouvrière.




Mots-clés

Marine Le Pen   /    Présidentielles 2017   /    Mélenchon   /    Macron   /    Jeunesse