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Société

Justice raciste

Les 7 de Briançon lourdement condamnés pour avoir aidé des migrants

De 6 mois avec sursis jusqu'à 12 mois de prison dont 4 ferme, telles sont les peines prononcées par le tribunal correctionnel de Gap contre sept militants qui auraient facilité l'entrée de migrants en France. « Délit de solidarité », ou des peines à l'encontre de l'assistance en danger, ce procès devient la démonstration d'une Justice raciste.

Le tribunal correctionnel de Gap (Hautes-Alpes) a annoncé ce jeudi 13 décembre la condamnation de sept militants pour avoir aidé des migrants à rentrer dans le territoire français. Ce qu’il leur est en fait reproché par le parquet est d’avoir facilité l’entrée en France d’une vingtaine de migrants mêlés à une manifestation organisée le 22 avril, qui partait de Clavière (Italie) jusqu’à Briançon. Cinq d’entre eux ont écopé de six mois de prison avec sursis. Les deux autres, poursuivis également l’un pour participation à un attroupement l’autre pour rébellion, et sont condamnés à la lourde peine de 12 mois de prison dont 4 fermes. « Moi je suis aussi condamné pour rébellion contre les flics qui m’ont pourtant passé à tabac, rapporte l’un des inculpés. Plusieurs d’entre eux ont reconnu au procès que j’étais à terre et que je pouvais difficilement leur lancer les pierres qu’ils ont reçues. Mais les juges n’en ont pas tenu compte puisque je suis condamné à indemniser les flics. Je dois payer 5000 euros en tout, parce qu’il y a des préjudices moraux ! ».

« Le tribunal correctionnel de Gap a fait le choix de condamner la solidarité »

« Ils n’ont absolument pas tenu compte de notre défense, ni rien retenu des raisons pour lesquelles on manifestait ce jour-là. On voulait dénoncer les arrestations de migrants effectuées par le groupuscule Génération Identitaire et les violations des droits des migrants par les forces de l’ordre. […] Mais cela n’a servi à rien. On aurait pu être jugés en cinq minutes, ça aurait été pareil. » raconte toujours le même militant condamné. Le comité de soutien aux « Sept de Briançon » ajoute dans son communiqué publié le 13 décembre « Alors que des personnes exilées, auxquelles nous essayons de venir en aide, meurent sur les routes dangereuses de la frontière franco-italienne, le tribunal correctionnel de Gap a fait le choix de condamner la solidarité ».. La nuit suivante, alors qu’en haute montagne on atteint des températures à -15°C, trois maraudeurs furent interpellés alors qu’ils offraient leur aide à des migrants en difficulté.

Une Justice toujours plus xénophobe, renforcée par la Loi Asile-immigration, qui fut le centre d’une polémique entre l’Assemblée et le Sénat, qui voulait un texte plus répressif.. Lorsque le Conseil Constitutionnel amenda le texte en faveur de l’assouplissement des peines, dans un "principe de solidarité", la loi fut adoptée avec le même "délit de solidarité" !.

D’autre part, la Cour de cassation a annulé la condamnation de Cédric Herrou mercredi, procès qui avait justement été reporté le temps de statuer sur le "délit de solidarité".

Si cette décision est une victoire pour Cédric Herrou et tous les militants condamnés sur le fondement de la loi Asile-Immigration, comme on peut le voir avec les Sept de Briançon, le combat pour la liberté de circulation et l’abolition des frontières reste entier !

« Cela dit, rapporte l’un des inculpés, on va continuer à se mobiliser pour que personne ne meure en montagne. Et on invite des personnes à venir nous aider depuis le reste du territoire français. » Les sept personnes condamnées vont faire appel.

Crédit photo : PHOTOPQR / LE DAUPHINE / MAXPPP




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