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Culture et Sport

Rap engagé

Les Black Eyed Peas sont de retour pour dénoncer le racisme et les violences policières

Retour aux sources. Le groupe Black Eyed Peas, après une dizaine d’années d’absence revient cette année avec un nouveau morceau, sans Fergie, avec un rap beaucoup plus proche de leurs productions d’origine, en dénonçant la société raciste américaine.

Contre le racisme et les violences policières

Dans ce nouveau titre aux sonorités de jazz, le groupe qui avait percé dans les années 2000 avec des albums comme The E.N.D. ou The Begining aux sonorités électro-pop, revient à son style d’origine avec un rap beaucoup plus 90’. Street Livin’ entend avant tout dénoncer le racisme structurel de la société américaine, dans laquelle les meurtres policiers de personnes racisées sont monnaie courante et que les différences salariales entre blancs et noirs sont de 40 % (le salaire moyen d’un afro-américain était de 36 000$ en 2013 pour 58 000$ pour les blancs). Le refrain dénonce ainsi qu’il « il y a plus de négros dans les prisons qu’il n’y avait d’esclaves à la cueillette du coton / There’s more niggas in the prisons than there ever was slaves cotton picking » : le ton est donné. Tout le titre cherche à renverser l’idée selon laquelle la condition des afro-américains se serait améliorée dans les dernières années ; dénonçant les meurtres policiers et l’impunité policière : « un autre frère s’est fait tué par un sergent, un autre flic s’en est sorti sans charge / Another brother got shot by the searg’, antoher cop got off with no charge ».

La thématique de la dénonciation de la société raciste américaine n’est pas nouvelle : déjà en 2003, dans l’album Elephunk, le groupe dénonçait, dans « Where Is The Love », les terroristes « de la grande CIA et du KKK ». Cependant, force est de constater de le propos a dépassé la dénonciation des crimes policiers, le groupe expliquant qu’il n’y a « pas d’issue hors des Reaganomics / No way out of the Reaganomics » [« Reaganomics se réfèrent aux lois de Reagan sur le Code du travail et sur la dérégulation].

Réformer le système carcéral ou le détruire ?

Avec cette chanson particulièrement engagée, le groupe accentue le propos avec un clip qui l’est tout autant, formée de photographies d’archives de prisonniers noirs, ainsi que de photo des mobilisations des années 1960-1970 pour les droits civiques. De plus, sur son site, le groupe appelle à « utiliser la force collective pour faire changer les choses », dans une pétition en ligne. Cependant, dans leur appel, les membres du groupe expliquent vouloir « réformer le système pénitentiaire, l’immigration, la police et les armes à feu ». Dans un pays où les richesses sont produites par une classe ouvrière noire surexploitée et stigmatisée, si la dénonciation large des crimes policiers est plus nécessaire que jamais, l’idée selon laquelle il serait possible de réformer une police qui maintient cet ordre raciste et xénophobe est plus illusoire que jamais, au moment même où la police a tué 987 en 2017, dont 23 % étaient des hommes noirs.




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