^

Notre classe

Macron et Ghosn main dans la main

Les GM&S bloquent PSA Poissy et sont réprimés par les CRS !

Le tribunal de Poitiers avait reporté sa décision concernant la reprise de GM&S au mercredi 6 septembre, et c’est pourquoi les salariés de l’équipementier ont décidé de bloquer le site de Peugeot Poissy hier dans l’après-midi. Après un face à face avec la direction, ce sont les CRS qui ont débloqué le site manu militari.

C’est l’énième épisode d’un feuilleton qui montre à quel point le patronat peut être déterminé quand il s’agit de mettre en œuvre un plan de licenciement massif. A la Souterraine, dans la Creuse, les GM&S sont sur le point de perdre la moitié de leurs collègues. L’entreprise, coulée consciemment par ses anciens propriétaires, est en train d’être rachetée par GMD, le leader français de l’emboutissage, qui veut en faire un simple site de frappe. C’est exactement ce dont les ouvriers du deuxième employeur de la Creuse ne veulent pas, et c’est pourquoi ils ont décidé en cette rentrée de durcir leurs actions pour forcer l’Etat et les constructeurs à faire accepter une meilleure offre de reprise. Mardi 5 septembre, c’est près de cent employés qui sont monté du Limousin en car pour bloquer le site de PSA Poissy, qui emploie plus de 5000 ouvriers. Accueillis par les cadres qui leur ont signifié tout leur mépris, ils ont ensuite empêché les camions de rentrer dans le site en se couchant sur le bitume, avant d’être évacués violemment par les forces de l’ordre.

Franck Cariat, trésorier de la CGT-GM&S revient sur cette répression policière qui se durcit contre leur mouvement : « Les collègues ont été évacués un par un par les forces de l’ordre. C’est la première fois qu’ils nous virent comme ça ; ce qui est sûr, c’est que cela vient directement de Macron et du ministère. Ce débloquage par les forces de l’ordre en dit long sur les perspectives de Macron : c’est marche ou crève ; il veut tout passer en force. Ca veut dire que demain, les étudiants seront encore plus précaires, sans CDI, avec des diplômes non reconnus. Donc si demain tout le monde n’est pas dans la rue le 12 pour taper un gros coup de poing sur la table pour faire bouger les lignes, ce sera une catastrophe ! »

Car la loi travail est aussi dans toutes les têtes : parmi celles des ouvriers de GM&S, qui ont l’impression de subir en avant-première ce que veulent mettre en place à large échelle les ordonnances, mais aussi les ouvriers de PSA, qui savent ce que sont les licenciements. Certains d’entre eux viennent de l’usine d’Aulnay, qui a fermé en 2013, laissant 1227 ouvriers sur le carreau. C’est pourquoi dans les ateliers de Poissy, l’heure était avant tout au soutien, notamment parmi les sympathisants CGT.

Après avoir été évacués manu-militari par les forces de répression, les salariés de GM&S sont allés bloquer le site voisin de Renault Flins, qui emploie plus de 2500 salariés. Une occasion de continuer à faire pression sur les constructeurs qui sont les premiers responsables de ce désastre social. Le blocage de l’autoroute voisine a aussi permis de faire du bruit et de bloquer un certain nombre des approvisionnements de l’usine.

Pour Franck, qui dit vouloir continuer le combat jusqu’au bout pour un maximum de reprises de postes, le combat ne s’arrête cependant pas à son usine : «  le 12 septembre [en réponse à l’appel à manifester de la CGT], on continuera les actions, et je pense que ce sera un niveau au dessus ; [avec notre lutte] on a la parfaite illustration de ce qui va se passer demain dans le monde du travail. On aura plus aucun droit, on sera virés comme des malpropres, et si on veut grève ou manifester, on trouvera des coups de boucliers et des bombes lacrymos ! Et ils osent parler de « démocratie » ! Macron commence déjà à parler de ses lois futures : une nouvelles baisses des APL, peut être que la cinquième semaine de congés payés va y passer… on est en train de perdre notre dignité au travail. Il faut que tout le monde comprenne bien l’enjeu de ce qui va se passer !  »

Crédits photos : France 3 Limousin




Mots-clés

GM&S   /    #NosViesValentPlusQueLeursProfits   /    Patrons-voyous   /    Répression   /    Notre classe