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Notre classe

La lutte continue !

Les GM&S crient leur colère sous les fenêtres de Bercy, un avertissement pour Macron

Après avoir piégé leur usine et mené une grève de plusieurs semaines, la lutte des travailleurs de GM&S est loin d’être terminée. L’audience qui doit trancher sur les propositions des différents repreneurs a été reportée au 23 juin. Mais une chose est sûre : des cinq repreneurs potentiels, aucun n’a fait d’offre sérieuse qui permette de préserver les emplois. Les ouvriers ont donc repris la grève, bloquant leur usine depuis une semaine, et déterminés à ne rien lâcher.

Un rassemblement réussi !

Vendredi 9 juin, profitant de la visite de Macron à Limoges, les GM&S se sont imposés pour forcer le nouveau président à les rencontrer. Le gouvernement a ensuite mis en place une « cellule de crise » et les GM&S étaient aujourd’hui invités à Bercy pour discuter de leur « dossier » avec Bruno Le Maire. Les travailleurs de l’usine sont montés à Paris, pour crier leur colère aux fenêtres du ministère de l’économie.

Un rassemblement de soutien a réuni plus de 400 personnes. Différents secteurs étaient présents pour témoigner de leur solidarité : l’automobile bien sûr, avec des travailleurs de PSA Poissy, Mulhouse, Saint-Ouen mais aussi les égoutiers de Paris, des étudiants de différentes universités et des postiers. Le Front social a appelé à participer au rassemblement, et y était présent, avec différents secteurs tels que la CGT Info Com’, la CGT Préfecture de Police, etc.

Des soutiens en nombre

Les ouvriers de La Matt, sous-traitant automobile menacé de fermeture dans l’Aisne, étaient aussi présents. 130 de leurs emplois sont en jeu et la situation que vivent les GM&S, ils la connaissent bien : même s’ils travaillent dans des usines différentes, pour eux, il est très clair qu’ils se battent contre le même patron, pour la même raison, et exprimer leur soutien est primordial.

Dans l’après-midi, Philippe Martinez de la CGT, est arrivé pour exprimer son soutien aux grévistes et exiger de l’exécutif « des réponses concrètes, c’est-à-dire du travail » pour cette usine. Pour le NPA, Olivier Besancenot été également présent pour apporter son soutien aux travailleurs. Des soutiens accueillis avec enthousiasme par les travailleurs tant le gouvernement, Renault et PSA, ont par le passé usé de nombreuses manœuvres.

« Bloquer le tour de France »

Pour l’heure, après la rencontre avec le gouvernement, les résultats sont pour l’instant bien maigres. « Rien de concret, rien de nouveau », affirme un salarié de GM&S en lutte. La seule entreprise repreneuse propose 10 millions d’euros pour 2018, tandis que Renault ne s’est engagé à rien. Pour l’heure, le repreneur potentiel, l’entreprise GMD, s’est engagé au maintien de seulement 110-120 emplois.

Bien conscients que le gouvernement tente d’ « expédier le dossier », les salariés se préparent à opposer un autre rapport de force en menaçant notamment de bloquer le Tour de France. « En juillet 2017, si le dossier n’évolue pas, le Tour de France sera bloqué par les salariés de GM&S », ont-ils indiqué dans un communiqué rendu public jeudi.

Converger pour construire un « grand mouvement salarial »

Les travailleurs ne comptent pas restés isolés et sont prêt à mener la lutte jusqu’au bout avec tous les secteurs qui les soutiennent, notamment dans le secteur automobile, comme les travailleurs de MATT qui font face à une menace de fermeture de la part de la maison mère. En ce sens, les salariés de GM&S comptent bien que cette lutte soit un exemple pour faire plier le gouvernement et le patronat.

Pour eux, GM&S veut aussi dire « grand mouvement salarial » et ils le revendiquent haut et fort. Face au gouvernement patronal de Macron et à son offensive anti-ouvrière,ce sont ces exemples de combativité et de solidarité dont nous avons besoin. Forts des nombreux messages de soutien qu’ils ont reçu, les GM&S continuent leur combat, et commencent à construire les convergences.

Ainsi, d’autres mouvements de lutte comme la mobilisation exemplaire des travailleurs de l’hôtel Campanile Tour Eiffel, pourraient commencer à converger. Face aux tentatives de division, agréger les combats est plus que jamais une nécessité pour commencer à construire le rapport de force à même de faire plier le gouvernement et le patronat. Pour préparer la riposte tous ensemble face à Macron et ses plans anti-ouvriers, soyons nombreux à suivre l’appel du Front Social du 19 juin, pour mieux préparer les combats à venir !




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