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Genres et Sexualités

Ni Macron Ni Le Pen

Les LGBTI face au second tour : nos droits n’entrent pas dans leurs urnes

Le 7 mai, voter Macron ou Le Pen, c’est avoir le choix entre la peste et le choléra. Du côté des travailleurs, des jeunes, des quartiers populaires mais aussi des femmes et des LGBTI, il n’y a rien à attendre d’eux. La bataille pour nos droits et nos vies, se fera dans la lutte et dans la rue, et non dans les urnes.

Nous avons déjà dit ailleurs qu’il ne fallait pas attendre grand chose du FN sur les questions qui concernent les LGBTI. D’un côté, nous avons vu que, sans revendiquer de nouveaux droits pour les LGBTI, Marine Le Pen présente dans ses discours les femmes et les homosexuels, comme des victimes supposées d’un islamisme rampant. D’autre part, des liens unissent le Front National à la Manifs Pour Tous qui avait défilé au moment de la loi Taubira. On y avait vu notamment Marion Maréchal Le Pen défiler dans ses cortèges.

Maintenant, suivant le tournant de plus en plus droitier de la campagne du FN, sans surprise, le FN souhaite abroger la loi Taubira, revendication de la Manif Pour Tous, et se prononce contre la PMA pour les lesbiennes. Pas d’égalité des droits, donc, dans un programme qui oublie totalement la question des discriminations que subissent les LGBTI – dans un parti qui est construit sur les discriminations, ce n’est pas vraiment étonnant.

Au moment de la loi Taubira, MLP avait même mis en garde les LGBTI qui voulaient accéder à l’égalité des droits : en présentant la loi Taubira comme une revendication communautaire, elle avait essayé de montrer le risque que présentait la loi pour les LGBTI eux/elles-mêmes si jamais d’autres communautés exigeaient des droits… En définitive, on pourrait rappeler à MLP que l’élargissement de la sphère du droit à tous/tes n’a rien à voir avec une revendication communautaire, mais on voit surtout qu’en matière de discriminations, au FN, il ne s’agit que de choisir et de hiérarchiser. MLP a choisi : c’est un papa, une maman, et pour le reste, des LGBTI invisibles.

Pas mieux du côté de Emmanuel Macron, qui pour le moment nous fait l’effet d’un Coriolan jeté à la foule. Sorti de ses réseaux, ce gentil monsieur découvre qu’il existe en France des ouvriers dans des usines, des gamins sur des terrains de foot et des LGBTI dispersés un peu partout... Comme on a dû lui dire qu’il faut plaire à tout le monde, Macron s’y essaie : le gouvernement « a humilié la France de la Manif Pour Tous », dit-il, pour faire pardonner l’immense injure de l’ouverture des droits et de l’égalité. Mais il se dit aussi prêt à lutter contre les discriminations. En gros, il se propose d’être gentil avec ceux qui ont été choqués par la loi Taubira, mais gentil aussi avec les LGBTI qui après tout ne l’ont pas choisi.

Macron propose donc un travail de « pédagogie », afin de rassurer l’extrême droite qui a joyeusement défilé dans les manifs pour tous, tout en maintenant la loi Taubira. Il « promet » d’ouvrir la PMA aux lesbiennes si l’avis du Comité consultatif national d’éthique y est favorable (avis qu’on attend depuis 2013) mais il ne l’a pas inscrit dans son programme. Sur la question des droits des trans, il se propose de « dépasser certains clivages et de favoriser le dialogue »... Comprend qui voudra. Sur les ABCD de l’égalité, et plus généralement sur l’usage des études de genres dans l’éducation, on trouve beaucoup de verbiage encore dans la réponse qu’il a faite à Têtu, mais il va jusqu’à mentionner la « bienveillance par ailleurs » des prêtres catholiques.

Bref, les LGBTI ne sont pas vraiment convié/e/s à aller voter le 7 mai, à moins d’aimer les « paroles, paroles... »




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