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Monde

"Guerre commerciale"

Les USA appliquent les tarifs douaniers : l’UE, le Mexique et le Canada répondent

Les Etats-Unis, plus gros importateur d’acier et d’aluminium au monde, sont passé des menaces aux actes et vont taxer les exportations de ces 3 pays à 25 % pour l’acier et à 10 % sur l’aluminium (contre 3 % anciennement pour les deux produits). Quelles sont les clés de cette guerre des tarifs sur l’acier ?

Article traduit de La Izquierda Diario

Mexique

Le secrétariat à l’économie du Mexique, a répondu en annonçant que certains produits étasuniens seront eux aussi taxés : plaques d’acier, lampes, jambons, charcuterie et divers produits alimentaire, pommes, raisins, airelles et divers fromages.

Ildefonso Guajardo, secrétaire d’Économie du Gouvernement Fédéral a expliqué que cette mesure resterait en vigueur jusqu’à ce les USA retirent leur augmentation de droit de douane.

La nouvelle a levée l’incertitude qui pesait sur le marché des changes et a rabaissé le peso mexicain à son pire taux depuis février 2017, celui-ci est ainsi passé de 19.90 pour 1$ à 20.35.

Canada

De son côté, le Canada qui représente 16% des importations étasuniennes a aussi réagi dès jeudi à l’annonce de la taxation par une hausse des taxes.
Là aussi il s’agit de droits de douane sur 12,8 milliards de biens importés des Etats-Unis. Seront visés certains métaux ainsi que des produits de grande consommation, comme les yaourts, le café, les pizzas, les quiches, les concombres et le jus d’orange.

Selon Chrystia Freeland, la ministre canadienne du commerce, il s’agit de « l’action commerciale la plus forte que le Canada ait décidé depuis la guerre. »
Elle a de plus signalé que cette action violait les accords libre échange d’Amérique du Nord (ALENA) et de l’Organisation Mondiale du commerce (OMC) c’est pourquoi le Canada va entamer des actions conjointes avec l’UE.

L’Union Européenne

Les européens, qui exportent environ 5 milliards d’euros d’acier et 1 milliard d’euros d’aluminium chaque année vers les Etats-Unis, ont réagi de la même manière mais sans indiquer de montant.

Ainsi, Jean-Claude Junker, le président de la Commission européenne a déclaré « C’est un mauvais jour pour le commerce. L’Union européenne ne peut pas rester sans réagir. […] Les États-Unis ne nous laissent pas d’autre choix que de porter ce conflit devant l’OMC et d’imposer des droits de douane supplémentaires à un nombre de produits en provenance des États-Unis […] Ce qu’ils peuvent faire, nous sommes capables de faire exactement pareil. »

Cecilia Malmtröm, déléguée commerciale de l’UE, a déclaré qu’elle engagerait une procédure de règlement des différends à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), car l’imposition de ces tarifs est clairement contraire aux normes internationales.

L’UE a plus tard annoncé sa « contre-attaque » aux tarifs imposés par Washington, en affirmant qu’elle imposerait « de la vigueur » à des dizaines de produits américains, notamment le tabac, le bourbon, les jeans et les motos.

Le commerce mondial se complique

Le panorama du commerce mondial a tendance a être de moins en mois « multilatéral »
Comme sous-résultat de la crise économique de 2008-2009 le capitalisme international est passé de la recherche d’accords commerciaux où « tout le monde gagne » à un scénario où chaque puissance impérialiste cherche à imposer ses conditions pour ses propres intérêts.

Les États-Unis avaient accordé une exemption temporaire à ces pays (compte tenu de l’existence de l’ALENA) tout en négociant pour répondre aux préoccupations de l’administration concernant l’état de la production nationale de métaux. L’administration Trump avait imposé le 1er juin comme date limite afin de trouver un accord.

Pour les pays en question, l’administration américaine a imposé un délai du 1er juin pour parvenir à un résultat satisfaisant. Les exemptions pour le Canada, le Mexique et l’UE ont été accordées peu de temps après que Trump a annoncé pour la première fois un tarif général de 25% pour l’acier et un tarif de 10% pour les importations d’aluminium en mars.

La levée de cette dérogation, importante pour le commerce mondial a été, comme à l’habitude, commenté par un tweet de Trump : « Fair trade ! »

Les Etats-Unis ne sont pas sur un unique front de bataille

La décision de Trump risquent d’augmenter les prix sur un grand nombre de produits pour les étatsuniens. Cela pourrait également placer les États-Unis dans un conflit commercial sur plus d’un front, étant donné que la Maison Blanche est en train d’avancer séparément à des tarifs sur les produits chinois.

La suppression des exemptions pour le Canada et le Mexique compliquera certainement la renégociation déjà complexe de l’ALENA, et le ministre des Affaires étrangères du Canada a souligné que : « Si des restrictions sont imposées aux produits canadiens d’acier et d’aluminium, le Canada prendra des mesures adaptées pour défendre leurs intérêts commerciaux et leurs travailleurs. "

Et le Canada a été le plus grand exportateur d’acier vers les États-Unis en valeur l’année dernière, tandis que le Mexique était le troisième plus grand exportateur de produits en acier, derrière la Corée du Sud.

L’autre dossier qui inquiète aussi l’économie mondiale est celui des rapports commerciaux avec la Chine. Fin mai, une « armistice » avait été annoncé, puis les USA étaient revenus à la charge, avec de nouvelles menaces d’imposition.
Wilbur Ross, le secrétaire américain au Commerce, est arrivé, samedi 2 juin, à Pékin pour de nouveaux pourparlers avec la Chine. Les sujets traités sont ceux de la vente de matières premières et agricoles étasuniennes ainsi que l’obtention de garanties de Pékin sur le respect des droits de propriété intellectuelle. Ainsi les Etats-Unis et la Chine négocient tout en se menaçant mutuellement, à l’initiative de Donald Trump, de droits de douane sur 150 milliards de dollars de marchandises. La Chine, elle, a indiqué qu’en cas de sanctions commerciales elle considérerait tous les accords passés comme nuls.

Le scénario reste encore flou et il va falloir suivre le développement de cette « guerre commerciale », comme la nomment certains médias et politiques.
L’imprévisibilité de Trump et les intérêts des grands magnats du secteur affecté peuvent encore retourner la situation à tout moment.




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