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Politique

Toujours les mêmes qui trinquent

Les avantages versés par les comités d’entreprises aux salariés en passe d’être taxés

Alors que le « matraquage fiscal » orchestré par le gouvernement a provoqué beaucoup de colère au sein de la population, une nouvelle taxe attaquant de plein fouet les travailleurs est en passe d'être votée dans le budget 2019. L'un des amendements déjà validés par l'Assemblée Nationale propose en effet de taxer les avantages que les comités d'entreprises versent aux travailleurs à l'instar des aides financières accordées pour partir en vacances, participer à des évènements culturels et divers loisirs.

Dans la continuité du « matraquage fiscal » qui mine toujours plus le pouvoir d’achat des travailleurs, avec la hausse du prix du tabac, du gaz, mais aussi du carburant, qui a provoqué beaucoup de colère au sein de divers secteurs de la population, comme en témoigne l’appel à bloquer les axes routiers le 17 novembre prochain, le gouvernement prépare une nouvelle offensive à l’égard des travailleurs. Ce qui est menacé ? Les rares avantages matériels que les salariés obtiennent à travers le CE (comité d’entreprise) de leur boite et qui leur permettent notamment de partir en vacances ou de participer à divers évènements culturels et loisirs à moindre coût.

En effet, si c’est un député UDI, Paul Christophe, qui a proposé d’insérer dans la loi sur le budget 2019 un amendement visant à soumettre le budget des CE aux cotisations salariales, cette mesure a été, au travers de Gérald Darmanin, approuvée par le gouvernement Macron. Ainsi, cette dernière a déjà été validée en première lecture par l’Assemblée nationale et doit désormais être votée par le Sénat.

Aujourd’hui, les prestations versées par le CE aux salariés comme les chèques cadeaux et vacances, les prix cassés pour diverses pratiques culturelles, ne sont pas soumis aux impôts ni aux cotisations sociales. Mais cette taxe, qui pourrait débarquer dès 2019, vise à taxer, à partir de 331 euros reçus, ces rares avantages que l’entreprise verse à ses salariés au travers des CE. Une offensive importante à l’égard des salariés, qui menace leur possibilité de partir en vacances, mais également de pouvoir participer à divers loisirs et évènements culturels. Cette attaque a été dénoncée par plusieurs syndicats qui ont mis en avant, à l’instar de la CGT, l’« attaque sans précédent contre le droit aux vacances, l’accès à la culture et au sport pour toutes et tous », qui touchera plus violemment les salariés les plus précarisés.

Si cette dénonciation est juste et nécessaire, celle-ci est loin d’être suffisante. Face à toutes les attaques menées par le gouvernement Macron à l’égard des travailleurs, la mise en place d’un véritable plan de bataille de la part des directions syndicales, visant à mettre fin à cette précarisation croissante des travailleurs et à proposer un débouché sur la gauche à la colère qui s’exprime aujourd’hui au sein de la population autour notamment de la question du pouvoir d’achat, devient en effet une urgence et une nécessité.




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