^

Notre classe

Face aux patrons et à leur président Macron

Les cheminots de La Souterraine et les GM&S montrent la voie

Alors que les ouvriers de GM&S occupent leur usine depuis jeudi dernier en menaçant de la faire sauter avec des bobonnes de gaz, comme une façon de protester contre la suppression de leurs emplois, ils ont rejoint les cheminots en lutte eux aussi, dans un esprit de convergence lors de la manifestation de samedi dernier appelée par la CGT Cheminots.

Près de 400 personnes ont manifesté leur colère samedi dernier dans la ville de La Souterraine près de Limoges. Leurs revendications : le maintien des emplois et un plan de développement garanti face à la désertification programmée de leur région. Avec les restructurations mortifères de la SNCF, les cheminots craignent la suppression de tous les emplois de la gare, une trentaine, à commencer par les six agents circulation. Alors que cette gare est la seule qui donne la possibilité aux Creusois de rejoindre les grandes villes comme Paris, Bordeaux, Toulouse, la SNCF souhaite la réduire à une gare régionale desservie uniquement par les TER, sans aucun agent pour garantir la sécurité et les services auprès des usagers. Par exemple, une personne handicapée ne pourra plus prendre le train ou descendre à cette gare.

Ainsi, ces suppressions d’emplois et cette colère s’ajoutent déjà à celles des ouvriers de GMS dont l’usine est sur la sellette depuis que PSA et Renault, leurs clients, ont entamé un processus de désengagement de commandes. 279 emplois menacés. Les ouvriers ont rejoint la manifestation appelée par la CGT Cheminots et ont occupé ensemble les voies ferrées avec d’autres salariés de la ville.

On voit bien qu’on ne peut faire aucune confiance aux patrons pour garantir les emplois et un équilibre des territoires. Car ce ne sont pas seulement des milliers d’emplois qui sont menacés, mais toute une ville qui pourrait devenir un désert, et des centaines de familles qui se trouveront à la rue à cause de cette politique. Aucune confiance non plus à l’État, qui accorde des millions de subventions publiques et des crédits d’impôts à ces mêmes patrons, et dépense des milliards dans des projets inutiles. Aucune solution non plus dans le programme que Macron compte mettre en place, puisqu’il défend une politique libérale ouvertement pro-patronale et antisociale, pour la fin du CDI et la généralisation de la précarité, pour des heures supplémentaires non payées, pour garantir aux patrons la totale liberté de faire ce qu’ils veulent.

On doit se préparer à un gouvernement de combat qui compte bien poursuivre, plus fortement qu’Hollande, la dégradation de nos conditions de travail et de vie. C’est pourquoi les cheminots de La Souterraine et les ouvriers de GMS montrent le type de jonction qu’il faudrait faire à l’échelle nationale, pour construire un rapport de force qui empêche Macron de mettre ses plans en marche. Pendant la campagne présidentielle, Philippe Poutou a mis en avant des idées pour prendre nos affaires en main et sauver nos empois, comme l’interdiction des licenciements, ou l’expropriation des grands groupes sous contrôle des salariés eux-mêmes afin de garantir les emplois, les commandes, et des plans de production cohérents au service de la population, et non pas des actionnaires.

_




Mots-clés

GM&S   /    Lutte des classes   /    Cheminot-e-s   /    Grève   /    Automobile   /    Notre classe