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Société

Rennes

Les cow-boys de la BAC de Rennes

Dimanche dernier, lors d'un match opposant Rennes à Bordeaux, des policiers de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) ont été aperçus autour du stade rennais (Rhoazon Park), armés et portant des tee-shirts noirs sur lesquels on pouvait voir l’Ankou, un personnage de légende breton symbolisant la mort, flanquée de l’inscription « BAC of Anarchy », référence à la série violente « Sons of Anarchy », ou encore un casque de guerrier.Une enquête administrative a été ouverte par leur hiérarchie suite à la polémique sur les réseaux sociaux

Les photos ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux et la polémique ne s’arrête pas là puisque la hiérarchie a décidé de mettre en place une enquête administrative. Les violences récurrentes des policiers rennais sont pointées du doigt. Agissant fréquemment en toute autonomie, l’État semble donner un blanc-seing à ces policiers dont les dérives restent bien trop souvent impunies. En 2016 déjà, les écussons de la Bac de Rennes avaient fait polémique avec leur devise « Surveiller et punir » et leur logo en forme de faucheuse. Dans la police, leurs accoutrements font aussi polémique, alors que les forces de répression de la ville essayent tant bien que mal de redorer leurs images. Ainsi un proche de l’affaire rapporte « “Ils n’ont pas à se promener dans la rue avec des signes ostentatoires, ni même à exposer leur matériel. C’est un principe dans la police.”

La BAC de Rennes n’en est pas à sa première histoire houleuse. En mai 2017, le patron de la brigade avait violenté un civil qu’il suspectait de trafic de stupéfiant dans un bar d’un quartier de Rennes. Il avait été condamné par la suite à 10 mois avec sursis pour "violence", "faux en écriture publique" et "dénonciation calomnieuse". En effet, par chance, une vidéosurveillance avait alors pu briser la défense du patron de la Bac et prouver les violences infligées par le policier surnommé le « Taureau ». Celui-ci était connu dans les quartiers rennais pour son usage disproportionné de violence durant différentes interpellations.

L’impunité dont les policiers de Rennes disposent avait également été montrée du doigt en 2016 suite à une manifestation contre la loi travail. Les véhicules de la police avaient alors foncé sur des manifestants sur la rocade, blessant certains grévistes. Une autre fois c’est un CRS qui, suite à un tir de flashball, avait fait perdre un œil à un étudiant en géographie de l’université de Rennes 2.

Alors que, durant l’été, le nombre de blessés et de morts suite aux violences policières a grandement augmenté, le port d’armes qui est dorénavant étendu hors de leurs services, permet à certains d’entre eux de jouer au cow-boys sans avoir besoin de rendre des comptes. L’attitude des policiers de la BAC qui a choqué sur les réseaux sociaux reflète cette impunité dans la ville de Rennes connue pour être un centre d’expérimentation de la répression contre les jeunes de quartiers populaires, les manifestants de la loi travail ou encore les étudiants opposés à la sélection à l’université.




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