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Politique

Justice de classe

Les députés votent la « peine de détention à domicile avec bracelet électronique »

Utilisée aujourd’hui pour aménager des peines d’emprisonnement, cette sanction devient une peine à part entière. Une mesure judiciaire que tombe à pic pour réprimer la forte contestation en cours.

Crédit photo : Maxppp - Cyril Dodergny

Cacher la misère d’un système pénitentiaire complètement débordé, dans lequel prisonniers s’entassent dans des conditions inhumaines, et accentuer le caractère répressif de cette justice de classe : voilà ce qui est à l’origine de cette proposition de la ministre de la justice, Nicole Belloubet, qui a été votée lundi soir par l’Assemblée nationale. La mesure s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle échelle des peines, prévue par le projet de loi justice.

La peine de « détention à domicile sous surveillance électronique » pourrait être prononcée dans le cas d’un délit à la place de l’emprisonnement, pendant une durée comprise entre quinze jours et six mois.

La personne condamnée devra rester à son domicile, sous peine d’emprisonnement en cas de non -respect de la mesure. Par contre, elle aura toujours la « liberté » d’aller travailler. C’est-à-dire que l’individu restera productif pour le grand bonheur du patronat et sera en même temps privé de tout loisir ou vie sociale, sans parler de l’exercice du droit à manifester !

Mais pour l’extrême droite, cette mesure ne serait qu’un « encouragement à la récidive ». Menaçante, Marine Le Pen a pronostiqué que, après la fiscalité, « la prochaine bombe à fragmentation, ce sera celle de la délinquance et de la criminalité dans notre pays ».

Marine Le Pen montre une fois de plus que, derrière la façade pro-gilets jaunes que son mouvement essaye de montrer, l’extrême droite est belle et bien un soutien sans faille aux institutions coercitives de l’État.




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