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Les deux « chefs de guerre » Macron et Trump côte à côte pour le défilé du 14 juillet

Dans la droite ligne de son tournant bonapartiste, Emmannuel Macron affirme avec le défilé du 14 juillet l'aspect ouvertement militaire du régime français. Une occasion pour laquelle il a souhaité inviter le président Américain Donald Trump, à l’occasion du centenaire de l’entrée en guerre des Etats-Unis.

Crédit photo : MAXPPP

Après ses frasques ridicules de démonstration de puissance et de virilité lors de leur fameuse première poignée de main du 25 mai , Emmannuel Macron s’est décidé à inviter Donald Trump pour assister à ses côtés à la cérémonie militaire du 14 juillet. Une annonce qui remet en perspective la prétendue affirmation d’un “nouveau leader du monde libre” comme s’en était enthousiasmé la presse hagiographe et qui tend à souligner la proximité, au moins sur le plan de l’incarnation de la figure de « chef de guerre », entre les deux présidents. Il conviendrait de rappeler en effet à ces éditocrates la réalité de ce qu’est ce défilé en France : la démonstration militaire de la puissance française de la Vème république et de ses traits les plus réactionnaires, directement connecté au bonapartisme. Sous couvert de la célébration du centenaire de l’entrée en guerre de Washington en 1917 auprès des Alliés, Donald Trump est le grand invité de l’édition 2017. Macron joue sur un fil. En effet, les relations Allemagne / USA se sont quelque peu tendues, le tout couplé à l’épisode de la crise du Golfe, où Trump en affirmant son soutien militaire à l’Arabie Saoudite a mis en grande difficulté « l’allié commun » à la France et aux Etats-Unis dans la région, à savoir le Qatar.

L’annonce aura vite fait de réactiver les voies habituelles de l’éloge d’Emmanuel Macron. Alors que l’Obs et L’Express pensent encore pouvoir présenter le nouveau Président comme un fin tacticien diplomatique à coup de poignées de main blanchies, celui ci se vante déjà de pouvoir “raisonner” le président américain à propos notamment des accords de Paris dont il a souhaité s’écarter. Un 14 juillet qui permet de réaffirmer une caractéristique commune entre les deux présidents : l’un comme l’autre s’évertuent à apparaître en chefs de guerre, soit par la symbolique, soit par l’interventionnisme exacerbé.

Car si l’invitation à de quoi faire sourire, elle souligne tout de même l’intérêt que souhaite donner Macron aux relations franco-américaines avec pour principal exemple l’intervention des Etats-Unis dans la boucherie impérialiste de 1914 qui aura jeté plusieurs millions de mobilisés à la mort. Après la rencontre à Paris du président Poutine, puis sa décision récente de convoquer l’assemblée à Versailles, le nouveau président ne cesse d’affirmer ses intentions de s’affirmer en chef de guerre conséquent, capable de sortir d’une crise politique profonde. Une démonstration de puissance promise entre le vol au dessus de Paris de F-22 Raptor et autres F-16. Un moment dit de “vérité” nous rappelle l’Obs, où les deux présidents devraient se concerter sur les dossiers brulants de la diplomatie internationale tels que la situation des Etats du Golfe avant la visite du président americain qui aura bientôt lieu et durant laquelle sera notamment discutée la mise au banc du Qatar dans les relations de cette région. Le Président français souhaite par la même affirmer la "frappe commune" des forces atlantistes, et ce particulièrement en Syrie. Sous les airs de “valeurs républicaines inculquées”, on assiste à un réel rendez-vous militaire et diplomatique. Un rappel notamment des désaccords entre Macron et Trump, qui ne sont en aucun cas des désaccords sur d’éventuels progrès écologiques, mais avant tout sur un mode d’opération militaire à l’étranger. Une image qui n’aura toutefois pas déplu à la presse bourgeoise internationale, et notamment au New York Times. Le statu quo d’une France comme acteur privilégié du fonctionnement de l’Otan n’est pas une garantie pacifique mais plutôt une volonté pour Macron, malgré son désaccord sur le protectionnisme avec Trump, de conserver sa vassalité et l’option ouvertement atlantiste et militaire de la France dans le monde.

L’occasion d’une réaffirmation diplomatique entre impérialistes et chefs de guerre qui devrait rappeler que notre nouveau Président est avant tout le maître de l’affirmation du renforcement militaire, sécuritaire et libéral en France et qui s’inscrit directement dans son tournant bonapartiste.




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