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Politique

Début d’une dynamique brune ?

Les digues sautent ! Dupont-Aignan soutient Marine

Prise de poids pour Marine Le Pen : avec ses faux-airs de premier-de-la-classe et de gendre-idéal (quand on habite le XVIème), Nicolas Dupont-Aignan vient d’officialiser son soutien au FN au second tour.

Jusqu’à présent, le chef du micro-parti « Debout la France » rejetait Le Pen, qu’il qualifiait « d’extrémiste ». L’histoire dira sans doute un jour combien la candidate du FN lui a proposé, lui dont la campagne ne sera pas remboursée parce qu’il ne passe pas la barre des 5%. Dupont-Aignan préfère avancer des arguments « politiques ». En neuf jours, et après plusieurs discussions depuis le premier tour, il a compris que Marine Le Pen n’était pas « d’extrême droite ». Belle prouesse !

C’est donc un accord de gouvernement que l’extrême droite et la droite extrême, propre sur elle, viennent de passer. Dupont-Aignan n’est pas rentré dans les détails, et ce n’est pas l’enjeu de l’accord, pour Le Pen. Le chef de Debout la France s’est contenté de souligner, de façon elliptique, avoir signé un accord « de gouvernement, avec une évolution de son programme, avec des éclaircissements [de la part du FN] et des ajouts de mon programme [de NDA] ». Eclaircir un programme brun, c’est la preuve du côté artiste que Dupont-Aignan a revendiqué au cours de la campagne.
Pour Le Pen, qui sait qu’elle ne pourra viser au-dessus des 40% cette fois-ci, le but, néanmoins, est d’approcher le plus possible ce résultat. L’objectif, pour Le Pen fille, c’est de ne pas faire du sur-place comme Le Pen père, en 2002. Pour ce faire, Marine a besoin d’engranger des soutiens explicites à droite, en plus d’essayer de ratisser sur sa gauche.

Il n’est pas certain qu’il y aura report automatique des voix de NDA, entre premier et second tour, sur la candidature de Marine Le Pen. Néanmoins, le plus révélateur, dans cette histoire, c’est que, pour la première fois depuis Charles Millon et les présidents de région élus avec les voix du FN en 1998, une fraction de la droite classique bascule ouvertement dans le camp frontiste. Pour Le Pen, tout ceci participe de la stratégie de dédiabolisation et de consolidation. Dupont-Aignan joue d’autant plus la partition qui lui est servie qu’il se sait dans une impasse d’un point de vue électoral.

A voir, cependant, s’il s’agit d’un poisson-pilote ou d’une mule fermant la marche.




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