Politique

La surveillance de masse décolle pour les cieux parisiens

Les drones : le nouveau jouet répressif de la préfecture de police de Paris

Publié le 25 avril 2016

Comme si le dispositif de vidéo-surveillance massif, couplé à la présence accrue des policiers et des militaires depuis l’instauration de l’état d’urgence, ne suffisait pas à Paris, la préfecture de police de Paris compte employer à partir du moins de juin des drones pour renforcer sa surveillance des rues de la capitale.

Jean Roquelande

La préfecture de police de Paris vient de lancer un appel d’offre pour l’achat de deux drones. Ces appareils, équipés d’une caméra embarquée, seront utilisés pour des « missions de surveillance aérienne à basse altitude » précise le cahier des charges de l’appel d’offres. Les forces répressives pourront alors nous surveiller à tout moment et en toute discrétion.

Ils seront employés, selon la préfecture, lors des « opérations de maintien de l’ordre ». C’est-à-dire pour surveiller les grands rassemblements sur le pavé parisien. Il ne faut pas chercher très loin pour comprendre que les premières cibles de cette nouvelle surveillance aérienne seront, en l’occurrence, la Nuit Debout place de la République et les grandes manifestations contre la loi travail.

Ainsi, la préfecture cherche à renforcer et perfectionner son système de surveillance de masse ainsi que ses capacités répressives. Selon une source préfectorale, la Brigade de recherche et d’intervention emploie déjà des drones ultralégers lors de ses opérations. Capacités que la préfecture sera d’autant plus libre de déployer comme bon lui semble car le nouvel arrêté d’utilisation « de l’espace aérien par les aéronefs qui circulent sans personne à bord » dispense les « drones d’État » de toutes les contraintes légales sous prétexte du « maintient de l’ordre et de la sécurité publics ».

Les nouveaux jouets répressifs de la préfecture de police de Paris devront être opérationnels à partir du 10 juin. Juste à temps pour l’Euro 2016...

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