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Argentine. Les enseignants réprimés, toujours déterminés contre le gouvernement Macri

Depuis la rentrée, les grèves et les mobilisations sont massives dans l'éducation en Argentine pour contrer les plans d'austérité du gouvernement et pour obtenir de meilleures conditions de travail et défendre l'éducation publique.

Cette semaine, le gouvernement Macri a opéré un saut répressif pour faire taire la mobilisation en Argentine. C’est sans compter la détermination des enseignants.

Le gouvernement Macri attaque l’éducation publique à la fois dans l’enseignement, en favorisant le financement de l’éducation privée au détriment du public mais aussi en attaquant les conditions de travail, déjà précaires, des enseignants. En Argentine, l’inflation et les hausses tarifaires ont dégradé le pouvoir d’achat des travailleurs. Il suffit de songer qu’avec dix ans d’ancienneté un enseignant de la province de Buenos Aires touche un peu moins de 11000 pesos mensuels là où l’Institut National de statistiques (INDEC) fixe à 13000 le revenu minimum nécessaire pour faire vivre une famille.

C’est pourquoi, depuis la rentrée australe, les enseignants sont massivement entrés en grève et sont mobilisés pour lutter contre ces plans d’austérités, pour obtenir une augmentation salariale conséquente et pour défendre l’éducation publique. Les journées de grève sont massives comme le montre lamanifestation monstre au cœur de Buenos Aires fin mars, où 400000 enseignants se sont mobilisés. La lutte enseignante était également visible lors de la première journée de grève générale jeudi 6 avril contre le gouvernement Macri, depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2015. Les grévistes ont fait des barrages de la panaméricaine. La réponse de la gendarmerie n’a pas tardé et une forte répression s’est abattue sur les grévistes et leurs soutiens, accompagnée de plusieurs interpellations.

Si tocan à uno-a, nos tocan todo-as. / S’il touchent à l’un d’entre nous, ils nous touchent tous.

Dans la nuit de dimanche, les enseignants argentins appelaient une nouvelle action devant le congrès de la Nation qui consistait à installer des chapiteaux pour organiser une école itinérante. Le but était d’informer sur leur lutte. Le déploiement répressif du gouvernement a été très important. Les centaines de policiers ont tiré des gaz lacrymogènes, porté des coups sur les manifestants provoquant des blessures. Quatre enseignants ont été interpellés puis libérés lundi suite aux mobilisations de solidarité puis aux dénonciations massives de la répression par les organisations syndicales d’opposition et politiques d’extrême-gauche dont le Front de gauche et des travailleurs.

Les enseignants argentins sont déterminés à poursuivre leur lutte et la répression ne les fera pas plier. A l’intérieur du syndicat SUTEBA (syndicat régional des enseignants de la province de Buenos Aires), les tendances combatives et d’oppositions à la bureaucratie syndicale exigent des mesures dures contre ce gouvernement qui réprime les travailleurs. Les enseignants exigent des centrales syndicales une nouvelle journée de grève nationale pour la défense de l’éducation mais aussi contre la répression massive du gouvernement Macri tout en s’auto-organisant dans les assemblées générales pour décider des suites de la grève et construire leurs forces à même d’imposer leurs revendications contre ce gouvernement.




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