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Politique

Echos du rassemblement devant Matignon

« Les négociations ? Ça ne mène à rien ! » Paroles de cheminots en colère

Une journée de mobilisation chargée pour les cheminots grévistes, lundi 7 mai. Face à un Premier ministre qui recevait les syndicats promettant, tout à la fois, « ouverture » et « fermeté », les cheminots en lutte, venus des quatre coins du pays, assuraient, quant à eux, leur détermination à le faire reculer. Quelques échos de la manif devant Matignon qui s’est déroulée lundi matin.

Le gouvernement se dit inflexible ? « On veut vraiment durcir la grève », dit Rachid, caissier au technicentre Atlantique, avec dix-huit ans de boite au compteur. « A partir du 14 on va multiplier les actions coups de poing dans les différents corps de métier », promet-il, avant de souligner : « on y est pour rien dans la casse de la SNCF. Hors de question que l’on retire le statut pour la dette, qui n’est pas de notre faute. S’il faut réformer le statut c’est par en haut ».

Même son de cloche du côté de Mickaël, agent voie, et Xavier, agent catener à Miramas, tous deux syndiqués chez FO : « le Premier ministre a été clair : il ne veut discuter que de la dette. Mais la dette ne concerne pas les cheminots, c’est la dette de l’Etat et sa politique ‘tout TGV’ des trente dernières années ». Côté « négociations », ils sont plutôt sceptiques : « elles ne vont rien donner », disent-ils. « Par expérience, complète Vincent, aiguilleur au Bourget, syndiqué chez SudRail, il y a toujours des organisations syndicales qui prennent des miettes et qui se barrent en cours de route, poendant une grève. Nous, on vient dire, aujourd’hui, qu’on ira jusqu’au bout. Qu’on ne veut pas négocier ».

C’est aussi ce que souligne Pek, conducteur sur le RER D, encarté à SudRail : « aujourd’hui, on n’attend rien des négociations. La seule chose qu’elles montrent c’est la fébrilité du gouvernement qui commence à en avoir assez de notre grève ». Mais également de la radicalité des cheminots Qqui souhaitent aller au-delà du calendrier fixé car, comme le concluent Mickaël et Xavier, « face à la détermination du gouvernement, il v y avoir la détermination des cheminots. Dans les AG, il y a une volonté de durcir le mouvement. On va voir de quelle manière, mais ce qui est sûr, c’est qu’après cette fausse négociation, la question de la reconduction va vraiment se poser ».

Après Matignon, les cheminots ont poursuivi, toujours aussi mobilisés, à Montparnasse et Gare du Nord, une façon de dire, avant de regagner leurs ateliers et gares respectives, pour les prochaines AG, que le tous ensemble et la convergence inter-gares sont bel et bien à l’ordre du jour pour obtenir le retrait pur et simple du pacte ferroviaire.




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