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Les négociations pour le Brexit débutent officiellement

Le 29 mars dernier, Theresa May, première ministre britannique, a activé la mise en place de l'article 50 du Traité de Lisbonne. Ce lundi, avec la réunion des représentants du Royaume Uni et de l'Union Européenne, la période de négociations du Brexit s’est officiellement amorcée.

Traduction : Léo Valadim
Depuis La Izquierda Diario

Il y a un an déjà, le monde était secoué par le résultat du référendum du 23 juin appelé par David Cameron, et la majorité des votes des britanniques en faveur de la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne. C’est aussi ce lundi que se sont lancées les négociations formelles entre les parties concernées.

Le secrétaire d’État britannique à la sortie de l’Union Européenne David Davis, et le négociateur en chef de l’Union Européenne Michel Barnier, se sont réunis au siège de la Commission Européenne à Bruxelles ce lundi pour commencer à discuter les termes du Brexit. Une tâche qui comporte son lot de tensions et de difficiles négociations.

David Davis a assuré que son pays aspire à maintenir une collaboration « forte et spéciale » avec le bloc, malgré les discussions « difficiles » par lesquelles il faut passer.

« Bien que nous avons devant nous des étapes difficiles dans les négociations, nous ferons tout notre possible pour faire en sorte d’obtenir un accord qui aille dans l’intérêt de tous les citoyens. » , a affirmé Davis en arrivant à la première rencontre de négociation pour la sortie du pays de l’UE. Le ministre britannique a ajouté que sa délégation commençait « les négociations de manière positive et constructive » , avec la détermination de « construire un partenariat fort et spécial entre nous et nos alliés européens pour le futur.”

Avant la rencontre, Davis avait précisé qu’ « en des temps difficiles comme ceux-ci, nous nous rappelons les valeurs et la détermination que nous avons partagé avec nos alliés les plus proches en Europe. Ce qui nous rassemble est supérieur à ce qui nous divise » , dans une tentative de faire baisser la pression de la réunion.

De son côté, le Français Michel Barnier a affirmé : « Notre objectif est clair : nous voulons d’abord nous attaquer aux incertitudes causées par le Brexit. D’abord pour les citoyens mais aussi pour les bénéficiaires des programmes européens » . Il a aussi rappelé l’importance de la question de la frontière entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord, insistant sur les difficultés que devraient poser la négociation avec le Royaume Uni.

Le futur incertain des 3,2 millions d’européens qui résident sur le sol britannique et des 1,2 millions de britanniques vivant des les autres pays de l’UE, sera un des axes centraux de la réunion.

Davis a signalé que la majeure partie du temps de réunion a été occupé par la question de la frontière de l’Irlande du Nord, qui, dit-il, devrait être « la plus invisible possible » pour éviter de mettre en danger la stabilité politique de la région. Barnier a rappelé que la volonté de l’UE porte aussi sur la conclusion de « l’accord du Vendredi Saint », tout en relevant que s’il devait exister une frontière, celle-ci aurait des conséquences sur le transfert de biens et de services, étant donné la sortie du Royaume Uni du marché commun.

Concernant les droits des citoyens, le porte-parole britannique a signalé que la première ministre, Theresa May allait présenter des propositions au sommet des chefs d’États et de Gouvernements de ces jeudi et vendredi, dans un document qui sera aussi envoyé au Parlement Britannique.

Les deux interlocuteurs ont aussi insisté sur les deux étapes distinctes de négociations qui se tiendront, une première sur le « divorce » et ensuite sur la future relation entre Bruxelles et Londres, dans laquelle, selon Barnier, « Le Royaume Uni n’aura plus les bénéfices qu’il avant lorsqu’il était membre de l’Union » .

« Le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, pas l’inverse ; il faut que chacun assume les conséquences de ses décisions. Elles sont massives... humaines, financières, sociales, économiques, juridiques, politiques. » a déclaré le négociateur en chef européen, questionné par un journaliste britannique sur les concessions que pensait faire Bruxelles à Londres dans les négociations. « Je ne suis pas dans l’état d’esprit de faire ou de demander des concessions » ajouta Berger.

L’huile est déjà jetée sur le feu. La chancelière Allemande, Angela Merkel, a plaidé pour que les pays de l’UE défendent « très clairement » et « communément » leurs « intérêts » face au Royaume Uni dans les négociations, mettant en avant que l’UE ne céderait pas un millimètre.

Merkel a déclaré lors d’une conférence de presse offerte dans la Chancellerie avec le président roumain, Klaus Johannis : « Nous formulerons tous les 27 nos intérêts très clairement et, j’espère, de forme commune », assura la chancelière. Elle ajouta que « Spéculer sur le résultat de ces négociations serait prématuré ».

Bruxelles a réaffirmé dans de nombreuses occasions que sa priorité dans la négociation serait de garantir les droits des citoyens Européens qui vivent au Royaume-Uni, ainsi que ceux des britanniques qui résident dans l’UE, et de conclure un accord financier pour que Londres honore les engagements pris en tant que membre.

La rencontre marque le début des négociations d’un processus officiellement initié le 29 mars dernier avec l’activation de l’article 50 des traités de l’UE par la première ministre britannique, Theresa May, date à laquelle s’est ouvert un délai de deux ans pour aboutir à un accord.

À l’époque, May parlait d’un « Brexit dur », ignorant les demandes de l’Irlande du Nord et ses désirs de référendum séparatiste, de même que la possibilité que le Royaume Uni reste dans le marché commun européen.

Les élections législatives ont été un coup dur pour les conservateurs et la première ministre. Ce tournant pourrait entrainer un changement de stratégie dans les négociations. Cela reste à voir.




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