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Société

L'appareil répressif se renforce

Les polices municipales de plus en plus armées

Villes de France (une association réunissant 860 maires et 400 présidents de structures intercommunales) a publié une enquête selon laquelle les polices municipales de France sont de plus en plus armées, notamment d’armes létales.

Ces dernières semaines, plusieurs villes de France ont décidé d’armer leurs polices municipales sous la pression de leurs agents. L’association Villes de France, présidé par Caroline Cayeux, maire LR de Beauvais qui a elle-même fait voter l’armement de sa police municipale en mai, va prochainement publier une enquête sur les polices municipales. La dernière, datant de 2015, montrait déjà que quatre villes sur cinq avaient armé leurs polices, la ville de Beauvais étant justement l’une des dernières villes de plus de 30000 habitants à refuser d’équiper sa police avec des armes létales. Il y a quelques semaines c’est la commune de Maubeuge qui a fait ce choix, puis le maire de la ville de Valenciennes a aussi accepté d’armer sa trentaine d’agents. Le maire de Châteauroux est, lui aussi, en train de réfléchir à acheter des revolvers pour sa police.

C’est surtout après les attentats de 2015 que les agents de police municipaux ont commencé à hausser le ton pour exiger des armes létales "pour se protéger". Cela a été largement encouragé par le contexte sécuritaire instauré dans le pays par le gouvernement de François Hollande et Manuel Valls et continué par l’actuel président Emmanuel Macron.

Les attaques terroristes sont en effet souvent utilisées comme prétexte pour renforcer l’appareil répressif à tous les niveaux. La police municipale, présentée comme une "police particulière", moins répressive que la police nationale ou la gendarmerie, fait complètement partie de cet appareil répressif. Elle est chargée de gérer des affaires quotidiennes, d’avoir un contact "plus direct avec les citoyens", de régler les "petites querelles de rue". Tout cela crée l’illusion d’être les "bons flics" qui risquent beaucoup sans pour autant être armés.

Or, si la "menace terroriste" est utilisée pour justifier l’armement létal des policiers municipaux la réalité c’est que la police municipale n’est pas en train de "traquer des terroristes". Les besognes de cette police se résument souvent à embêter des jeunes dans les quartiers populaires, à jouer le rôle des "gros bras" de certains maires dès qu’il y a un conflit social comme des grèves ou manifestations dans les communes et même prêter main forte aux entreprises de transports pour "traquer les fraudeurs", criminalisant les plus précaires.

Donner des armes létales aux policiers municipaux s’inscrit donc dans le tournant répressif du régime en général. En effet, le gouvernement ne cache pas du tout qu’il aimerait qu’il y ait plus de "coordination" entre la police municipale et la police nationale. Ainsi, il s’agit de renforcer le rôle complémentaire de la police municipale vis-à-vis de la police nationale.

Au-delà des contradictions que cela peut créer au niveau des pouvoirs municipaux vis-à-vis du pouvoir central, notamment en termes de responsabilités pour la "sécurité des citoyens", il n’y a aucune polémique quant à l’utilisation des différents corps de l’appareil répressif contre les jeunes précarisés, les travailleurs, les sans-papiers et contre tous ceux qui décident de ne pas se laisser faire. Il n’y aucune illusion à avoir, avec des armes létales ou non, la police municipale reste un élément de l’appareil répressif de l’Etat.

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