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Notre classe

Un nouveau secteur dans la bataille

Les précaires de l’Education en mouvement !

Après une belle première journée de mobilisation nationale le 5 avril dernier, préparée depuis septembre, les précaires de l'éducation nationale n'ont pas dit leur dernier mot. Face aux attaques généralisées du gouvernement Macron contre le modèle social et en soutien avec tous les autres secteurs en lutte, ils appellent à l'action en mai, des grèves du 3 et du 22 jusqu'à un rassemblement au rectorat de Paris le 30 mai.

Crédit photo : lautrequotidien.fr

5 avril : une belle surprise

C’est dans un contexte général d’austérité et de politiques néo-libérales contre tous les systèmes sociaux que les précaires de l’éducation ont décidé de se réunir à nouveau depuis septembre dernier. Dans un secteur où mobiliser est compliqué en raison de l’éclatement de tous les précaires à travers le territoire, de la rotation des effectifs, des faibles salaires, de la pression au renouvellement et de l’absence d’un syndicat d’ampleur les fédérant, l’Assemblée Générale des précaires de l’éducation en Île-de-France a été à l’initiative d’une journée de grève et de mobilisation nationale des précaires de l’éducation le 5 avril dernier.

Alors que la baisse généralisée des moyens dans l’éducation touche de plein fouet les conditions d’enseignement et de vie dans les établissements, et à plus forte raison dans les établissements sous-dotés des banlieues, les précaires ont répondu présent pour dénoncer l’insoutenable baisse des recrutements de titulaires et des contrats aidés qui prépare une généralisation des services civiques, stagiaires et autres professeurs contractuels dans nos établissements. Toujours moins d’adultes par élève, recrutés à des conditions salariales et statutaires toujours plus lamentables. Dans le même temps, le front bourgeois derrière Macron s’en prend à tous les systèmes socialisés que seules les attaques libérales par le passé ont rendu défaillants : privatisation et concurrence dans le rail après celles des télécoms, de la Poste, d’EDF ; casse de l’hôpital public ; mise en faillite de l’assurance-chômage, des retraites et plus généralement de la Sécurité Sociale ; précarisation de l’éducation nationale, réforme élitiste du lycée et de l’Université... Dans ce contexte, les précaires de l’Education ont massivement répondu à l’appel à la grève soutenu par SUD-Education, la CNT ainsi que la CGT Educ’action. Et pourtant, nombre d’entre eux ne peuvent se le permettre, ayant le plus souvent des salaires compris entre 600 et 900€ par mois et de nombreux témoignages d’une pression directe exercée par les hiérarchies d’établissements sur le renouvellement des contrats en cas de grève. La constitution d’une caisse de grève en Île-de-France a notamment pu permettre à certain de se mettre en grève.

Le 5 avril, près de quatre-vingts précaires franciliens étaient présents à l’AG de grève. L’après-midi, près de trois-cents personnes ont pris part au cortège au départ de la Sorbonne en direction du Ministère de l’Education. Des rassemblements ont eu lieu dans toute la France, et de nombreuses vies scolaires ont été en grève à 100% à travers le pays. Des professeurs ont également décidé de se mettre en grève pour soutenir le mouvement, et ce en partie grâce à la présence des précaires au sein de l’AG-Inter-Etablissements de l’Education en IDF. Voici un extrait du communiqué des précaires de l’Education pour la suite du mouvement :

"La première journée de grève nationale contre la précarité dans l’Éducation nationale du 5 avril dernier a été un véritable succès : des manifestations et assemblées de grève ont été organisées dans plus de 20 villes en France. À Paris, malgré les vexations policières arbitraires lors de la manifestation de l’après-midi, l’assemblée générale des grévistes d’IDF a décidé d’appeler à une nouvelle journée de grève le jeudi 3 mai 2018 (...). Ainsi le gouvernement essaie de casser la mobilisation par l’isolement et la répression. Nous l’avons vu et subi le 5 avril, lorsque la préfecture nous a imposé un parcours de son choix la veille au soir et que nous avons été nassé.e.s pendant plus d’une heure de manière complètement arbitraire. Nous continuons de le voir lorsque la police rentre dans les facs (...). Parce que nous considérons qu’il n’est pas besoin d’attendre les attaques contre l’Éducation nationale (déjà en cours par ailleurs) pour se battre et que seule la lutte nous permettra d’obtenir la satisfaction de nos revendications, nous appelons l’ensemble des personnels, titulaires et non-titulaires (AVS, AESH, AED, contractuels), à se joindre à nous le 3 mai, en grève pour soutenir les cheminots, et affirmer notre volonté d’obtenir une amélioration de nos conditions de travail, de meilleurs salaires et la fin des statuts précaires !"

Le mouvement continue

Au-delà de la revendication de titularisation des précaires de l’éducation sans condition de nationalité ni diplôme, les précaires se joignent au mouvement en cours contre Macron et son monde. Si le mouvement des cheminots tient bon et gagnerait énormément dans le rapport de force en devenant un mouvement de grève continue et illimitée, toutes les composantes du mouvement social doivent s’unir. La force de la répression contre la mobilisation étudiante, contre les zadistes et la violence permanente de la police d’Etat dans les quartiers populaires sont autant de raisons de descendre dans la rue et de dénoncer, au-delà des attaques économiques appelant une réponse par la grève, un gouvernement aux méthodes autoritaires prêt à tout pour servir les intérêts du capital contre ceux des travailleurs, et surtout à diviser pour mieux régner. S’il semble loin d’être acquis que les syndicats de la Fonction Publique appellent à une grève illimitée, des dates sont néanmoins déposées, notamment par les précaires, pour oeuvrer à la convergence des luttes.

L’AG des précaires de l’Education en IDF appelle ainsi à :

La participation au cortège Education à la manifestation interprofessionnelle le 1er Mai
La grève dans l’Education le 3 mai en soutien des cheminots, manifestation à la Sorbonne à 14H puis AG de l’Education à 18H à la Bourse du Travail à République
Prochaine AG des précaires de l’Education en IDF le 9 Mai à 18h30 à la Bourse du Travail
La grève de la Fonction Publique le 22 mai
Des rassemblements des précaires devant tous les rectorats de France le 30 mai, à 15H devant le rectorat de Paris pour l’IDF.




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