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Notre classe

Saccage social

Les salarié-e-s de Whirlpool prêt-e-s à poursuivre le combat !

Hier, les représentants de l’intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT) de Whirlpool à Amiens ont été reçus à Matignon, alors que l’usine doit fermer ses portes le 1er juin 2018 pour être délocalisée en Pologne.

Depuis l’annonce de la nouvelle, les salariés de Whirlpool ne savent toujours pas ce qu’il adviendra pour eux. Plus de 500 familles seront touchées directement, soit environ 300 salariés de Whirlpool et 250 salariés de Prima (boite sous-traitante de Whirlpool pour les plastiques) qui devront probablement aller pointer au chômage faute d’alternative. Sans compter l’impact que cela aura sur le reste de la région.

Depuis plusieurs mois les salariés se mobilisent pour sauver leur usine, et tentent de trouver un repreneur pour éviter toute mesure qui impliquerait des licenciements. La mobilisation contre les licenciements et sa volonté de ne rien lâcher ont permis à l’intersyndicale d’être reçue à Matignon. Bernard Cazeneuve les a reçus hier matin, plusieurs projets auraient été proposés dans la discussion, mais qui laissent peu d’espoir de garder la même activité. L’ironie, si on peut dire dans une telle situation, c’est d’entendre Bercy les mettre en garde s’agissant des opportunistes, qui pourraient saisir l’occasion de reprendre l’entreprise, pour tout revendre ensuite. Une personne accompagnant le secrétaire d’État à l’Industrie prévient : « Des groupes mal intentionnés pourraient être tentés de profiter de l’argent que Whirlpool va mettre sur la table pour faire accepter son départ, puis de fermer l’usine quelques mois plus tard... ». Une sortie qui ne manque pas d’air, puisque Myriam El Khomri, figure de proue de la loi travail facilitant les licenciements et décroticotant le code du travail, était présente. Une véritable provocation !

Il est évident que ce n’est pas elle qui a inventé le terme de Plan de Sauvegarde de l’Emploi, mais lorsqu’on est à l’initiative d’un projet comme la loi travail, loi qui détruit un à un tous les acquis sociaux des travailleurs, et qui facilite les licenciements à moindre frais, ce n’est pas du gros foutage de gueule que de participer à ce genre de réunion ? Et oui, même si le groupe a réalisé 850 millions de bénéfices en 2016, grâce à la loi El Kohmri son rêve se réalise, il pourra désormais en faire beaucoup plus !

Les salariés, eux, ne se satisfont pas des réponses qu’ils ont obtenues et des projets de reprises, comme l’exprime Frédéric Chanterelle : « Je ne veux pas donner de faux espoirs aux gens, un repreneur, c’est bien, mais pour combien de temps ? Et gardera-t-il tous les salariés ? J’ai peur que non : nous avons tous plus de vingt ans d’ancienneté, 48 ans en moyenne et beaucoup souffrent de troubles musculo-squelettiques... ». Car oui, la reprise de Whirlpool par un entrepreneur ne signifie pas que l’entreprise ne fermera pas ses portes un peu plus tard. D’autant plus qu’en période d’élection, surtout au vue du déroulé de la cuvée 2017, mettre de l’huile de feu sur un dossier aussi sensible pourrait être risqué...

Même si une commission de suivi a été créée pour continuer les discussions au-delà des présidentielles, l’échéance des remises d’offres a été fixée le 2 juin (entre les élections présidentielles et les législatives), les salariés de Whirlpool manifesteront à Paris mardi prochain et ont donné rendez-vous au Champ-de-Mars, au monument des Droits de l’homme, les candidats y sont également conviés. De quoi mettre la pression sur le futur locataire de l’Elysée et profiter de candidatures ouvrières comme celles de Philippe Poutou ou de Nathalie Artaud pour faire entendre le plus largement possible leurs revendications.

C’est avec détermination que les salariés entendent bien continuer la mobilisation et qu’ils interpellent les politiques, tant que rien de satisfaisant ne leur sera proposé.