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Politique

Hypocrisie gouvernementale

Les salariés d’Ascoval ne sont pas sortis d’affaire

Le Ministre de l'économie et des finances Bruno Le Maire se veut « rassurant » sur l'avenir d'une des dernières sidérurgies de France sans aucune garantie de maintient des emplois, tordant la main aux salariés pour qu'ils reprennent le travail.

Alors que la pression se renforce sur le gouvernement pour trouver une solution à la liquidation de l’entreprise Ascoval et des emplois de ses 281 travailleurs, Bruno Le Maire a cherché à se relocaliser mercredi. Celui-ci a annoncé que la reprise par Altifort était un projet « solide », se laissant jusqu’à début décembre pour trouver une solution viable avec cellui-ci.

Or à y regarder de plus près, la soi-disant avancée est des plus précaires. Selon l’État, pour reprendre l’entreprise il faudrait 180 millions d’euros, ce qui est très loin d’être atteint par la proposition d’Altifor (30 millions maximum), l’ « aide » de l’État, des collectivités locales et les stocks de l’entreprise évalués à 15 millions d’euros. Si l’on compte donc sur une reprise, il reste plus de 50 millions d’euros à trouver, ce qui est très loin d’être fait. Pourtant, le ministre est très clair : "L’une des conditions pour que cette reprise puisse fonctionner, c’est que les salariés reprennent le plus vite le travail". Un chantage des plus abject : lâchez vos armes, restez dociles tout se passera bien. Une exigence d’autant plus sournoise que c’est cette grève et le blocage de la production qui avait placé les projecteurs sur les salariés et mis la pression sur les actionnaires et le gouvernement.

Si le délais accordé par l’État pour trouver des investisseurs peut paraître court, c’est pourtant ce qui permettrait à Macron de faire ses déplacements clientélistes dans les 11 départements de l’hexagone avant la potentielle annonce d’une non-reprise. Le chef d’État souhaite gagner un temps précieux, sachant pertinemment que le devenir d’Ascoval va marquer l’image de son gouvernement sur l’épineuse question industrielle. Et ce d’autant plus qu’il doit faire un déplacement la semaine prochaine dans le Nord pour commémorer la fin de la 1ère Guerre mondiale et faire un discours sur l’industrie.

Mais la réalité que le gouvernement cherche surtout à faire oublier aux salariés de l’usine, c’est que pour le maintient des emplois et une solution viable, ils ne pourront compter que sur eux-mêmes et sur la solidarité d’autres secteurs actuellement en lutte, comme c’est le cas des Ford de Blanquefort. Ce gouvernement qui prétend vouloir sauver les emplois est le même qui a considérablement facilité les plans de licenciements avec ses ordonnances de septembre 2017, et qui prévoit une réforme des retraites qui aggravera grandement les chiffres du chômage, contraignant les travailleurs à rester plus longtemps en postes.

Photo : Le Parisien




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