Politique

Alors qu’ils votent la suppression des 35h.

"Le Sénat, 4 ou 5 jours par mois pour... 11 350 euros net mensuels"

Publié le 17 juin 2016

Alors que les sénateurs ont voté un amendement renforçant l’article 2 de la loi travail afin abandonner les 35 heures pour les 39 heures, c’est-à-dire demander à tous les travailleurs de travailler plus pour gagner moins, un journaliste révèle les conditions de travail de ceux que l’on paye pour faire des lois antisociales. Ainsi, un sénateur peut n’être présent que 5 jours par mois pour gagner 11 350 € net.

Arthur Nicola

Des salaires honteux

Intéressons nous tout d’abord aux rémunérations des sénateurs, de majorité de droite, élus en réalité par les élus, c’est-à-dire par leurs collègues de la classe politique. Les 348 sénateurs sont rémunérés 11 350 € net par mois, mais seulement 4000 € sont imposables ! C’est-à-dire que le reste est réellement empoché au black. Mais cela ne s’arrête pas là : 45 « dignitaires » du Sénat peuvent toucher des primes de fonction qui vont de 700 à 7000 € et qui échappent entièrement aux impôts sur le revenu. Ainsi, un sénateur peut toucher jusqu’à 18 500 € par mois et ne payer d’impôts sur le revenu que sur 4000 €. Honteux ? Les principaux intéressés vous répondront que c’est « légal » puisque leurs prédécesseurs l’ont voté… D’autant que plus de 84% des sénateurs cumulent des mandats, lesquels donne aussi droit à des « indemnités ».En plus de l’indécence de ces rémunérations, comparée notamment à la précarité généralisée et au chômage de masse induits par leur système, les sénateurs se permettent tranquillement assis sur leur fauteuil, pour certains 5 jours par mois, de voter la suppression des 35 h ! La seule revendication qui vaille pour ces élus, s’engraissant sur les impôts des salariés, c’est bien qu’ils ne puissent pas toucher d’indemnités supérieures à celles d’un ouvrier qualifié.

Un absentéisme accepté et institutionnel

Malgré les 14 sanctions financières envers des sénateurs pour absentéisme, celui-ci continue de structurer cette institution des plus réactionnaires et anti-démocratiques. Sur un trimestre, qui comporte une moyenne de 33 jours de travail, les sénateurs sont obligés d’être présents à seulement 12 d’entre elles. A l’échelle du mois, cela fait seulement 5 jours de travail par mois ! D’autant plus que la sanction est plus qu’insultante pour ceux qui travaillent au moins 35 heures pour un SMIC : si le sénateur est présent à moins de 12 jours, il peut être sanctionné de 710 € par mois : son salaire descend à la somme de 10 640 €, pour moins de 4 jours de travail … c’est plus que dégoutant. Cet absentéisme montre à quel point il est nécessaire d’exiger la révocabilité des élus. Tout mandaté qui ne respecterait pas le mandat de la jeunesse et des salariés devrait pouvoir être révocable.

Supprimons le Sénat !

Le Sénat a toujours été le chien de garde des conservateurs. A sa création au début de la IIIème République, il s’agissait de donner une chambre aux réactionnaires de droite qui craignaient de perdre leur pouvoir si le peuple avait accès au suffrage universel. De fait, le Sénat n’est passé à « gauche » qu’une fois depuis sa création ! Cette institution est des plus anti-démocratiques : elle qui faire élire par des élus, déjà systématiquement issus de la classe dominante, les sénateurs. C’est ce qui en fait l’institution la plus réac’ de leur « République » : une réunion d’hommes cadres ou chefs d’entreprises en âge de la retraite, telle est la réalité du Sénat. De surcroît, elle permet de donner des immunités parlementaires aux pires marchands d’armes du pays, à l’instar de Serge Dassault. Face à cette réalité qui a perduré durant un siècle et demi, c’est bien la nécessité d’exiger la suppression du Sénat et son remplacement par une assemblée législative unique élue à la proportionnelle. Supprimons le Sénat !

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