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Notre classe

Suppressions de postes

Les syndicats refusent de signer le « plan social » de Alstom -General Electric Grenoble

La direction de Alstom - General Electric Hydro annonçait en juin dernier la suppression de 1 100 emplois dont 345 sur son site grenoblois. Si l’intersyndical a rapidement contesté le « plan de sauvegarde de l’emploi », la mobilisation des travailleurs a commencé en octobre. Mardi, malgré les grèves et les occupations, les négociations se terminaient sans aucune avancée.

Crédits photo : France 3 Alpes / Jordan Guéant

Sur 800, ce sont 345 emplois que le groupe prévoit de supprimer par licenciement ou suppressions de postes. Alors que le site comptait 2 800 salariés à la fin des années 1970, les différents « plans de restructuration », soit des licenciements, se sont succédés, avec les rachats successifs de l’ancien Neyrpic par Alstom et General Electric et les délocalisations allant avec.

Négociations, grève, blocages du site, venue de personnalités politiques… La direction n’a pas reculé sur la suppression de l’emploi qu’elle prévoyait, balayant d’un revers de main le plan alternatif que l’intersyndical (CGT, CFDT, CFE-CGC) proposait, et qui était censé limiter la casse.

Ce mardi 19 décembre, les négociations se terminaient, ne changeant rien à la perte prévue. Dans le plan à deux volets, les conditions de reclassement et/ou indemnités touchées par les employés mis à la porte, ainsi que le fonctionnement de l’entreprise sans 345 de ses employés sont examinées, mais de manière très abstraite, sans détail. Ce que craignent les salariés, c’est à long terme, la fermeture complète du site.

Le comité central d’entrepise (CCE), compte-tenu de la manière de faire de la direction (documents en anglais ou tronqués, tentatives de négociations parallèles, chantage à la signature) a refusé de rendre un avis sur le projet de « restructuration ». En plus de contester la « nécessité économique » que la direction met en avant pour justifier ce plan.

La proposition de « plan social » de la direction sera soumise le 26 décembre à l’ex-direction du travail, aujourd’hui « Direccte » : direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi. Après le verdict, il sera possible de faire un recours deux mois après.

Un seul point positif selon l’intersyndicale : la commission d’enquête ouverte à l’Assemblée nationale, après que les syndicats ait sommé l’État de prendre en charge cette affaire. Aux vues des politiques gouvernementales qui facilitent sans vergogne les licenciements, il ne peut s’agir que d’une façade pour calmer la colère des employés licenciés contre ce qui est rappelons-le, une des plus grandes puissances économiques.

L’État peine à masquer son hypocrisie. Un des aspects forts de la mobilisation a été de mettre en avant le fait que l’entreprise s’occupaient de la conception en matière d’hydroélectricité. Sur le papier, tout le monde est pour la préservation de l’environnement et les énergies renouvelables. Dans les faits, ce sont seulement quand leur production est rentable qu’elle intéresse les classes dominantes. Aujourd’hui, General Electric va pouvoir démanteler le bassin industriel grenoblois à la pointe des énergies renouvelables, en ayant l’appui tacite du gouvernement.




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