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Notre classe

« L’esclavage c’est fini »

Les travailleurs de H. Reinier-ONET et Holiday Inn ensemble pour une manifestation exemplaire

Ils étaient déterminés. Une manifestation exemplaire à l’image de leurs grèves.

La manifestation a commencé devant la mairie du 14ᵉ arrondissement. Les salariés de H. Reinier-ONET et des hôtels Holliday Inn étaient réunis pour manifester en commun à l’appel des syndicats CNT-SO, CGT-HPE et SUD-Rail. Ces travailleurs ont en effet de nombreuses choses en commun. S’ils travaillent dans des secteurs différents, ils connaissent l’exploitation et l’humiliation que signifie le travail sous les ordres de « patrons voyous » dans le nettoyage.

Surtout, dans les deux cas, les travailleurs sont engagés dans des grèves dures et longues pour faire respecter leurs droits. Les salariés d’H. Reinier-ONET, qui nettoient les gares SNCF de la ligne D et H, sont mobilisés depuis 41 jours, principalement pour obtenir un panier-repas à 4 euros contre 1,90 euros aujourd’hui. Une revendication élémentaire qui en dit long sur les conditions de travail contre lesquelles ils se mobilisent. Pour eux, ce n’était par ailleurs qu’un échauffement avant le rassemblement au tribunal administratif de Montreuil pour défendre leurs 9 collègues accusés « d’occupation illégale de locaux » et qui risquent plusieurs milliers d’amende.

Du côté des travailleurs d’Holliday Inn, de Clichy, dans les Hauts-de-Seine, ceux-ci ont entamé leur 55e jour de grève, rien que ça, et sans que les négociations aient avancé d’un pouce. Pour se faire entendre de l’hôtel « donneur d’ordres », ils manifesteront samedi à Londres devant le siège du groupe hôtelier britannique Intercontinental Hotels Group, propriétaire de l’enseigne Holiday Inn.

Ils étaient en tout une centaine, les travailleurs et quelques soutiens. Un petit nombre mais qui s’est vite fait oublier par la radicalité du cortège, très rythmé. Beaucoup de slogans ont été chantés : « Même patrons, même voyous, même combat », « Esclavage, c’est fini » ou encore « Frotter, frotter, il faut payer ». Au milieu du parcours, les travailleurs ont décidé d’envahir un hôtel du groupe Holliday Inn. Armé de confettis, ils ont occupé le hall pendant quelque instant avant de repartir.

Quelque temps plus tard, le cortège ont remis le couvert devant le comptoir SNCF de la gare Montparnasse, mais celui-ci avait été fermé pour l’occasion. Les grévistes ne se sont pas démontés et ont organisé une prise de parole spontanée pour expliquer leur lutte aux soutiens mais aussi aux passants intrigués par la scène.

Les grévistes d’HReinier-ONET et d’Holliday Inn montrent la voie pour se faire entendre : la grève et la convergence avec d’autres secteurs face à la division des travailleurs entre lieux de travail, statuts mais aussi organisations syndicales. Une stratégie qui commence à payer pour les grévistes d’H. Reinier-ONET. La direction a déjà cédé sur certaines de leurs revendications grâce à la détermination des grévistes.




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