^

Notre classe

Mobilisés contre la dictature patronale (avec vidéo)

« Les voleurs, c’est les patrons ! » Solidaires avec Dominique, licencié de PSA Valenciennes

Flora Carpentier Aux alentours du commissariat de Valenciennes, la circulation a été coupée dans plusieurs rues ce jeudi après-midi. Un rassemblement a été convoqué en soutien à Dominique Danquoins, scandaleusement licencié par PSA pour avoir pris un joint en caoutchouc dans une benne à déchets. La direction de PSA ne s’est pas arrêtée là et a été jusqu’à porter plainte contre le salarié, sur la base de déclarations mensongères. Dominique était donc convoqué au commissariat, accusé d’avoir volé l’entreprise. Pendant que les policiers au garde-à-vous tenaient fermement leurs barrières, prêts à contenir tout élan de combativité, une bonne centaine de travailleurs de différentes boites s’étaient mis en grève pour soutenir leur camarade.

PSA ment et s’acharne scandaleusement sur un ouvrier

{{}}

Le dépôt de plainte contre Dominique était si grotesque, sans aucune preuve à l’appui, que le dossier devrait, selon l’avocat du salarié Me Dominguez, être classé sans suites. « Le vol n’est pas prouvé, expliquait Dominique en sortant de deux heures d’audition. Il y a une différence entre le rapport d’incident et la lettre de licenciement, ne serait-ce que sur les métrages qui ont soi-disant été dérobés. Sur la lettre de licenciement on me reproche 20 mètres, et là sur le rapport il y a 40 mètres, donc il y a des mètres qui se rajoutent de jour en jour, je me demande si ça ne va pas finir en kilomètres ! » A sa grande surprise, Dominique s’est en effet vu présenter une photo d’une grosse bobine de joint d’étanchéité qui n’avait rien à voir avec les quelques mètres destiné à être jetés pris dans une benne. « C’est ridicule, comment veulent-ils que je sorte de l’usine avec une bobine pareille ! Je ne suis pas venu avec une brouette ! » s’étonnait encore Dominique. Le travailleur avait déjà été soupçonné par la direction, qui avait osé insinuer qu’il pouvait être responsable d’une soi-disant recrudescence des vols ces derniers mois, alors même qu’il était en arrêt maladie.

Par cet acharnement, la direction de PSA montre qu’elle est prête à tout et jusqu’aux mensonges les plus grotesques pour criminaliser les ouvriers et faire des exemples, pour instaurer un climat de terreur dans l’usine. Car il est évident que si elle s’en prend de la sorte à Dominique, ce n’est pas pour récupérer le préjudice qu’elle estime à 170 euros. Cette somme, qui manque à beaucoup d’ouvriers pour boucler leurs fins de mois, est dérisoire comparée aux milliards d’euros de profit engrangés tous les ans sur le dos des travailleurs ; dérisoire aussi quand l’on sait que le salaire du PDG Carlos Tavares se situe autour de 7500 euros par jour, les 365 jours de l’année.

Chez PSA, Mercedes, Toyota et dans les hôpitaux… solidaires contre la dictature patronale

Devant le commissariat, des délégations de plusieurs entreprises s’étaient mobilisées pour soutenir Dominique : travailleurs de PSA Valenciennes et Sevelnord, de Toyota Onnaing, Mercedes Benz et même un hospitalier en lutte, sous les drapeaux de la CGT. Tous scandaient d’une même voix « Les voleurs, c’est les patrons ! », « Libérez notre camarade », ou encore « Dominique réintégré ». Cédric Brun, secrétaire général de la CGT PSA Valenciennes, a été très clair « On ne se laissera pas faire ». Un dossier a été déposé aux prud’hommes pour « licenciement abusif », mais les travailleurs sont bien conscients que cette démarche juridique ne sera probablement pas suffisante et que la solidarité doit s’amplifier. Si l’on a pu regretter l’absence de prises de parole, le rassemblement d’aujourd’hui montre la démarche à suivre pour construire les résistances contre les attaques du gouvernement et du patronat.

Pour eux, un tel acharnement sert à créer des précédents et agiter la menace du chômage pour que les salariés acceptent les pires conditions de travail et les licenciements sans résistance. C’est pour cela que cette attaque contre Dominique est une attaque à l’ensemble des travailleurs, et que la riposte de la classe ouvrière est indispensable. Comme le montre la répression qui s’abat chez PSA comme chez Air France et ailleurs, les attaques contre la classe ouvrière tendent à s’intensifier à mesure que la crise capitaliste s’approfondit. Il est donc déterminant que les organisations de la classe ouvrière s’emparent de la lutte contre la répression patronale et les licenciements. En ce sens, le rassemblement du 2 décembre en solidarité avec les salariés d’Air France pourra permettre de renforcer la convergence des secteurs en lutte, pour construire une véritable mobilisation du monde du travail.





Mots-clés

Valenciennes   /    #LicenciéPour3FoisRien   /    PSA   /    Automobile   /    Répression   /    Notre classe