Politique

Enfumer pour mieux diviser

Les « vrais Français » moins bien lotis que les migrants ? L’intox du F-Haine

Publié le 25 novembre 2016

Le FN continue de chercher à nous diviser à grand renfort de contre-vérités. Les boucs-émissaires désignés ? Les migrants.

Anthony Liam

Depuis le 3 novembre, les dirigeants du FN partagent sur les réseaux sociaux des messages signés « les jeunes avec Marine » qui opposent migrants et français (où seuls des français « blancs » apparaissent) en situation de précarité ou de difficulté économique. L’argument de fond est que les migrants sont privilégiés par rapport aux classes populaires bien de chez nous. Tout ceci est un tissu de mensonges, comme les exemples qu’utilisent le FN.

Le premier cas, celui de Julie qui n’a pas été admise en résidence étudiante « car elle n’est pas migrante ». « Nos étudiants d’abord », tweetent les cadres du FN, en relayant la campagne « aunomdupeuple »… Pourtant, seulement 80 étudiants demandeurs d’asile ont été hébergés en résidence universitaire à Villeneuve d’Ascq. Elle est, par ailleurs, vouée à la destruction. Il est aussi faux que les migrants sont prioritaires pour l’hébergement en résidence universitaires : les boursiers gérés par campus France étant prioritaires pour l’attribution d’un logement géré par le Crous. Donc, les étudiants étrangers et/ou boursiers ne sont en aucun cas privilégiés par rapport aux étudiants français.

Une autre intox celle de « Pierre agriculteur qui vit avec 280 euros par mois alors que les demandeurs d’asiles vivent avec 330 euros par mois ». Il est faux qu’un agriculteur à la retraite touche une telle somme car à partir de 65 ans tous les français ont droit à l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) qui est de 800 euros et 80 centimes. Une misère, certes. Mais qui n’a strictement rien à voir avec la somme que toucherait « Pierre agriculteur ».

Dernière intox : « Sandra mère célibataire qui dort dans sa voiture avec son fils depuis 3 mois car les HLM sont accaparés par les migrants ». Les migrants en situation irrégulière en cours de régularisation n’ont pas accès aux logements sociaux et les réfugiés y ont accès que dans les zones disposant de logements vacants. Si tant est que « Sandra » existe réellement, ce n’est pas à cause des migrants qu’elle n’a pas accès à un HLM mais à cause des mairies ne respectant pas les quotas de logements sociaux imposés par la loi SRU.

Encore une fois le FN cherche à nous diviser. Mais les migrants ne sont pas privilégiés par rapport aux classes populaires françaises ils sont encore moins bien traités à cause du racisme d’un Etat colonial. Les conditions de vies difficiles des classes populaires ne sont pas du tout dues aux migrants mais au gouvernement et au patronat qui nous laisse vivre dans des situations de précarité alors qu’une minorité s’enrichit. Et cette minorité, elle est bien « de chez nous ».