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Notre classe

A propos d'une interview donnée au Point

Lettre d’un enseignant à Jean Claude Mailly

Jean claude Mailly vient de donner une interview au Point - quelle drôle d'idee - sur ses relations avec Macron et sa vision de son programme. Il y exprime ses inquiétudes d'une manière étrange...

Tout d abord disons les choses clairement : les syndicats sont essentiels aux salariés. Leurs faiblesses, leurs divisions, profitent au patronat, leur niveau de bureaucratisation aussi - voir l’affaire Lepaon. Et ceci n est pas sans lien avec cela. Pour redresser la barre nous affirmons haut et fort qu il faut les investir et lutter pour en changer la ligne.

Car ce qu’illustre la position de Jean-Claude Mailly, porte parole de Force Ouvrière, est une attitude de compromis particulièrement inquiétante. La plupart des salaries politisés savent à quoi s’en tenir avec Macron, son parcours, ses alliés et son programme. L’abstention de masse, le vote des militants de la France Insoumise l’illustre bien. Macron sera un homme d’affaire féroce comme il l’a été pendant le quinquennat Hollande. Il ne cache pas sa volonté de "reformer" le code du travail et les lois en faveur du patronat pour flexibiliser, uberiser et dégrader nos conditions de vie.

Dés lors, quelle attitude adopter face a ce cyborg de la bourgeoisie des grandes entreprises ? Le dialogue ? La recherche du compromis ? La construction d un rapport de force ? L’avertir des risques d explosion sociale, en conseiller du roi ? Jean claude Mailly dans cette interview penche pour ce dernier choix, en priant Macron de bien choisir sa stratégie : "Sa responsabilité est de réussir à rassembler rapidement sur le plan politique, et d’éviter d’être clivant, donc pas trop de précipitation. Il faut avancer sans heurter" sous risque de voir émerger un vaste mouvement social.

Cher Jean Claude, si tu me permets de penser que nous sommes dans le même camp, celui de la défense des intérêts des salariés, alors permets moi également de te sonner les cloches pour te remettre les pendules à l heure : l explosion sociale est une bonne chose pour notre camp social. Mai 1968 a fait plus pour les salariés que les 30 dernières années de "dialogue social" !

Si tu veux défendre les intérêts des salariés il faut arrêter de faire le conseiller du pouvoir, il faut arrêter de suggérer les tactiques pour faire appliquer un projet anti-sociaux "tout en douceur". Il faut plutôt les dénoncer haut et fort et surtout, surtout, organiser les salaries en ordre de bataille - propagande, caisses de grève, recherche d’unité... c’est surtout à ça que devraient servir nos syndicats. Un petit rappel de quelques fondamentaux qui ne se veut pas une leçon car je suis persuadé que tous ceux qui sont descendus dans la rue pendant la loi travail le savent déjà. Et j’ajoute que nos syndicats doivent être organisés en conséquence. Il y a du travail mais il est décisif si nous voulons gagner. Et à tous les militants FO sincères, j’envoie un salut chaleureux et combattif. On se retrouvera côte à côte dans la rue contre toutes les régressions sociales et pour faire avancer les intérêts des travailleurs.

Photo : Reuters




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