Société

Solidarité internationale

Répression. Lettre de Gaëtan à Alfon

Publié le 23 juin 2015

Nous publions ci-dessous la lettre que Gaëtan Demay, militant du NPA et de Solidaires Etudiant-e-s à Toulouse condamné à six mois de prison (dont deux ferme) pour avoir participé aux manifestations interdites contre la violence policière suite à la mort de Rémi Fraisse, a écrit à Alfon, militant dans l’Etat Espagnol condamné à 4 ans de prison ferme pour faits de manifestation. Dans le cadre de la campagne internationale contre la condamnation de Gaëtan, beaucoup de soutiens sont venus de l’Etat Espagnol. Cette lettre est un retour de la solidarité internationaliste face à la répression des Etats et de la Justice des capitalistes.

Bonjour Camarade,

Je m’appelle Gaëtan Demay, j’ai 24 ans et je suis un jeune militant anticapitaliste à Toulouse, France.

Je me permets de t’écrire car j’ai appris que l’État espagnol et sa justice t’avaient condamné à quatre ans de prison ferme. Les mensonges éhontés de la police à ton encontre sont scandaleux, sans aucune preuve, on te condamne pour transport d’explosif. Sous ces diffamations, toi, comme tant d’autres militants du mouvement social, tu es condamné par l’État et sa justice parce que tu te bats au quotidien contre les attaques qui sont portées aujourd’hui dans le cadre de la crise capitaliste en cours contre les travailleurs et la jeunesse, parce que tu luttes pour changer la société, parce que tu n’acceptes pas la soumission à ce système injuste, que tu relèves la tête et tu as raison de la faire. Cette justice qui t’a condamné pour avoir osé participer aux mobilisations dans l’État espagnol lors de la grève générale en novembre 2012, ne défend qu’une classe, celle des exploiteurs et ses gouvernants.

Je la connais bien aussi, j’y suis confronté également depuis quelques mois. Pour ma part, ma condamnation est nettement moins lourde que la tienne, j’ai été condamné à six mois de prison (deux mois ferme et quatre avec sursis). En France, un manifestant a été assassiné par la police en novembre 2014, ce qui a déclenché des mobilisations contre les violences policières. Ces manifestations ont été interdites et puis durement réprimées par la police. 54 inculpations 54 condamnations. J’ai été interpellé après l’une de ces manifestations alors que je marchais dans la rue, on m’a accusé de violence sur dépositaire de force de l’ordre, insulte à agent et participation à manifestation interdite. Dans le cadre du procès, j’ai reconnu avoir participé aux manifestations contre les violences policières qui avaient été interdites par le gouvernement du Parti Socialiste. En tant que militant anti-capitaliste, il me semblait important d’y être et de défendre le droit à manifester. Mais le reste des accusations sont mensongères et ont uniquement été basées sur les déclarations des policiers. Cela a donné un procès totalement illégitime pour remplir un seul objectif : chercher à faire taire toute contestation.

Après ma condamnation, une campagne internationale a été lancée. Une pétition traduite en une dizaine de langues a récolté 12000 signatures à présent et des photos de soutien de plusieurs pays à travers le monde : Russie, État espagnol, Grèce, Allemagne, Grande Bretagne, Belgique, Turquie, Italie, Palestine, États-Unis, Mexique, Argentine, Brésil, Bolivie, Chili, Venezuela, et la liste continue. En France, des centaines de dirigeants et militants syndicaux, associatifs, et politiques ont manifesté leur soutien. Des dizaines d’intellectuels ont publié une tribune dans un grand journal français. Des rassemblements contre la répression ont été organisés à Toulouse et à Paris. Le 17 juin, un meeting concert contre la répression a été organisé à Toulouse et des organisations syndicales et politiques organisent un bal contre la répression le 13 juillet à Paris pour dénoncer ma condamnation mais aussi la répression qui s’abat sur ceux et celles qui luttent en France.

La répression de la part des classes dominantes et leurs États est bien présente à chaque endroit où la jeunesse et les travailleurs décident de relever la tête et se battre contre l’austérité, contre les attaques et les reculs sociaux, contre la répression. De la même façon, il est important de montrer que la solidarité envers ceux qui luttent et qui sont réprimés n’a pas de frontières, puisqu’on combat les mêmes ennemis.

D’ici, on se joint également à la campagne pour ta liberté !

Courage camarade ! Ne désarme pas ! N’oublie jamais que nous sommes des milliers derrière toi !!

DEMAY Gaëtan