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Politique

Nouvel attentat en plein été

Levallois. Attaque contre des militaires sous les fenêtres de la direction anti-terroriste

Nouvelle attaque à la voiture bélier contre des militaires de l’Opération Sentinelle, mercredi matin, à Levallois. Tout, dans le mode opératoire, laisse à penser qu’il s’agirait d’un attentat djihadiste. C’est en tout cas ce dont est persuadé le parquet anti-terroriste. Il s’agirait de la première attaque d’envergure depuis que Macron a pris ses fonctions. La polémique politicienne, elle, reprend comme à l’habitude.

C’est quasiment sous les fenêtres de la sécurité intérieure et de l’anti-terrorisme (SDAT), dont les services sont localisés, précisément, à Levallois, et le jour de la dernière réunion du Conseil de Sécurité, à l’Elysée, que l’attaque contre les militaires de Sentinelle a été conduite. Même si elle relève, très certainement, de ces attentats franchisés dans un second temps par Daech, réponses réactionnaires et asymétriques à l’intervention impérialiste contre les bastions de l’EI en Syrie et en Irak, l’opération en tant que telle était davantage planifiée que certaines attaques artisanales ces derniers mois, la dernière en date étant celle de la Tour Eiffel, samedi dernier, dont le protagoniste a été interné en services psychiatriques.

Au moment où nous écrivons ces lignes, les informations dont nous disposons sont limitées. Peu après 8h, un individu, au volant d’une BMW, aurait foncé sur un groupe de militaire sortant d’un édifice, en plein centre de Levallois, faisant office de caserne pour Sentinelle, ce qui implique un minimum de planification et de repérages préalables. Pour aucun des 6 blessés, dont 2 graves, le pronostic vital est n’engagé et l’homme conduisant la voiture aurait été interpellé sur l’A16 peu avant 16h, au cours d’une fusillade, alors qu’il faisait route vers la Belgique. C’est le parquet antiterroriste qui, dès mercredi matin, avait pris l’affaire en charge.

L’information n’avait pas commencé de circuler que déjà la polémique politicienne commençait à enfler. Pas d’union nationale pour le président jupitérien, ce qui est tout un symbole. A droite, que ce soit au niveau du FN, des Républicains ou de l’UDI, à l’instar de la sénatrice Nathalie Goulet, on a pointé l’insuffisance des moyens alloués aux 7000 militaires de l’Opération Sentinelle de même que l’insuffisance du budget de la défense dans le sillage du soutien dont avait bénéficié le Chef d’Etat-Major des Armées, Pierre de Villiers, à la suite de sa démission.

Cette nouvelle attaque n’a bien entendu rien à voir avec le niveau de préparation des militaires de Sentinelle qui font office de police intérieure et dont Macron entend revoir les modalités opérationnelles. C’est avant tout le sous-produit réactionnaire, à l’instar des deux derniers attentats sur les Champs, de l’interventionnisme impérialiste hexagonal en direction de la Syrie et de l’Iraq, un autre des dossiers sur lequel Macron se trouve en complète continuité avec Hollande, le président-va-t-en-guerre dont le mandat a été caractérisé par une intervention extérieure par an.

Crédits photos : STEPHANE DE SAKUTIN. AFP




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