Révolution Permanente N° 2

RP02 - Septembre 2011 - 42 pages Face à la crise de l'union européenne et à la poussée du nationalisme, plus que jamais pour les états-unis socialistes d'europe !

On nous a dit et redit à l’occasion de l’anniversaire du 11 septembre que le monde avait changé comme jamais en dix ans : un changement en pire sans doute, mais les médias en général ont omis de souligner cet aspect, insistant davantage sur le côté “ attentat contre les tours jumelles ”. Pour ce qui est du changement, les discours de Bush, Cheney et de leurs alliés au moment de la guerre en Afghanistan le laissaient déjà entrevoir. Mais à l’heure où Sarkozy fanfaronne pour sa victoire en Libye que nous analysons dans ce second numéro de Révolution Permanente (p. 18), il est bon de rappeler que les discours de Bush étaient en 2001 secondés ici en France par le gouvernement de Jospin, Buffet et Voynet auquel participait un certain Jean-Luc Mélenchon qui à l’époque n’avait pas beaucoup trouvé à redire lorsque “ sa ” République a envoyé son contingent de troupes et de Rafales pour bombarder Kaboul. Le 11 septembre, puissant révélateur des contradictions qui travaillent les Etats-Unis reflétées par un lent déclin et une perte de « légitimité », notamment dans sa périphérie (crise mexicaine de 1994, crise asiatique de 1997, crise russe de 1998, crise argentine de 2001) a également servi de prétexte, à travers le coup de main re- présenté par la guerre en Afghanistan, à essayer de res- taurer cette hégémonie. La fraction dominante de l’es- tablishment américain avait trouvé en Bush le mauvais John Wayne qui avait pour rôle d’essayer, à travers un interventionnisme impérialiste militaire accru, de freiner le déclin constant de l’hégémonie de la première puissance mondiale. Peine perdue. L’interventionnisme a certes relancé l’appareil militaro-industriel étasunien mais a été incapable d’inverser ou même seulement de ralentir le déclin de Washington. Mais le résultat désastreux des opérations en Afghanistan et en Iraq ainsi que les événements qui allaient bientôt secouer le monde à partir de 2008 ont en fait approfondi le déclin de l’hégémonie étasunienne. Il s’agit d’une situation assez inédite pour le système capitaliste mondial.