Monde

Barbouzeries en Afrique du Nord

Libye. La prochaine guerre du général Hollande ?

Publié le 27 février 2016

On a appris la nouvelle aujourd’hui. Depuis lundi, le porte-avions Charles de Gaulle fait route vers la Libye. Si l’on ne connaît pas encore les intentions de l’armée française, le spectre d’une nouvelle intervention militaire reste très probable. Une nouvelle qui fait suite aux révélations du Monde sur les opérations déjà menées par la France sur le sol libyen.

Renan Granger

Il faut croire que Hollande est déterminé à maintenir son rythme record d’une guerre par an depuis le début de son quinquennat. Voilà donc maintenant que le spectre d’une nouvelle intervention en Libye devient de plus en plus probable, cinq ans après l’intervention française qui avait mené le pays dans le chaos tel que nous le connaissons. Une intervention militaire aurait notamment l’aval des États-Unis, et ce malgré des tensions sous-jacentes entre les différents impérialismes, tant les richesses pétrolières libyennes sont grandes.

Mais en réalité, il s’agirait davantage d’une augmentation et d’une officialisation de l’intervention militaire française car l’armée française n’est jamais vraiment partie deLibye. Si l’on en croit les révélations du Monde il y a trois jours, la France interviendrait au moins de trois manières : en bombardant, en déployant des troupes au sol et avec ses services de renseignements. Une information confirmée dans la journée par l’un des Premiers ministres libyens (le pays étant atomisé entre de multiples gouvernements qui se veulent tous « officiels ») : « Il y a des forces commandos françaises [...] qui dirigent les combats en cours [à Benghazi] depuis un centre d’opérations sur la base de Benina ».

Cette annonce constitue donc un nouveau pas dans l’escalade guerrière du général Hollande, qui poursuit toujours plus loin sa politique réactionnaire depuis les attentats du 13 novembre. Après les révélations du Monde, le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian a d’ailleurs ouvert une enquête pour « compromission du secret de la défense nationale », qui vise les sources du quotidien. Un chef d’accusation passible de trois ans de prison et 45.000 € d’amende. Ces procédés d’un autre âge, dignes de l’accusation que fait peser le gouvernement turc sur deux journalistes du quotidien Cumhuriyet, sont une autre manière de signifier qu’il ne vaut mieux pas traîner dans les affaires du chef militaire Hollande. Une autre raison pour nous de se mobiliser pour mettre définitivement un terme aux interventions militaires françaises, qui ne font que semer le chaos et la misère en Afrique et au Moyen-Orient.

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