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Politique

Martinez sur BFM

Loi Travail XXL : l’interview de Martinez sur la rentrée sociale

L’interview a à peine commencé que le coup d’envoi est donné, Apolline de Malherbe sait qu’elle doit travailler son invité et le décrédibiliser au maximum, alors, avant même de rentrer sur le ring questions-questions, je te laisse à peine répondre, je te coupe la parole, je te repose trois questions de suite et je te dis que tu réponds de travers, elle commence par introduire son « invité » en le désignant comme patron de la CGT. L’interview peut commencer l’ambiance est lancée « vous n’aimez pas trop que l’on dise que vous êtes le patron de la CGT non ? » questionne-t-elle en gloussant.

S’en suit alors l’interview BFM de la fin des vacances qui doit décrypter avant l’heure la rentrée sociale. Philippe Martinez est là pour parler de ces fameuses concertations qui ont eu lieu durant l’été entre le gouvernement et les « partenaires » sociaux. Celui-ci explique très vite que plutôt qu’un « dialogue social » ce qui a eu lieu cet été est en vérité un monologue gouvernemental, avec d’un côté un gouvernement qui n’avance pas trop ses cartes et de l’autre des syndicats qui viennent avec des propositions. Mais plus qu’un échange Martinez révélé, même si on s’en doutait avant l’été, que ces rendez-vous n’étaient que de façade, que de communication. Le gouvernement s’est donc servit de ces échéances pour justifier des reformes à venir et prétendre à un soit disant « dialogue » avec « les partenaires sociaux », tactique prévisible et qui n’aurait même pas du être entériné pas les syndicats durant l’été.

« Mais alors est-ce que vous ne voyez pas le verre à moitié vide pour d’ores et déjà mobiliser sans connaître le contenu précis de cette loi travail XXL ? » Le représentant de la CGT s’empresse alors de lui rappeler le contenu de la loi travail de l’an passé contre laquelle la jeunesse et les travailleurs se sont mobilisés et que celui-là même qui avait initié et participer activement à cette loi El Kohmri, se retrouve aujourd’hui président et ce qu’il cherche aujourd’hui c’est à aller jusqu’au bout de ces réformes qui visent la précarisation des travailleurs.

Lorsque Apolline de Malherbe lui demande s’il « préfère pas d’emploi du tout plutôt que des petits emplois ». Martinez explique comment c’est l’ensemble du monde du travail qui va se retrouver précarisé et il désarçonne la journaliste en lui parlant de ses nombreux collègues journalistes qui doivent avoir seulement un CDD.

Cette nouvelle forme de travail au jour le jour comme le souhaite Macron, le représentant de la CGT prends exemple sur les livreurs de Delivroo pour la décrire, des emplois peu rémunérés avec des contrats au jour le jour, qui visent à sortir de la catégorie chômeur sans jamais connaître de stabilité. « Ceux que l’on nous présente comme les travailleurs de demain (et qui sont actuellement en grève) ces livreurs de Delivroo eux ce qu’ils veulent c’est justement les garanties de personnes sous contrat ».

Puis le secrétaire général de la CGT s’attaque plus frontalement à Macron en dénonçant un gouvernement qui privilégie les actionnaires du CAC40 et réitère en réponse à la petite phrase méprisante de Macron « les français n’aiment pas les réformes » il y dénonce un mépris de classe de cette phrase mesquine comme si les français étaient trop bêtes pour comprendre.

Les escarmouches de la part de la journaliste puis des soi-disant experts sont nombreuses sur le plateau de BFM ce dimanche en début d’après-midi tentant tour à tour de déstabiliser, ridiculiser, « Et qu’est-ce qu’ils vont devenir vos délégués syndicaux ? » les questions s’enchainent.

Puis la question qui devait arriver arrive ; deux dates le 12 et le 23 pourquoi ?

Il s’agit en effet d’une vraie question, la date initialement fixé par la CGT est le 12, de son coté Mélenchon appel lui au 23, alors même qu’il s’agirait de faire front et de se rallier face au gouvernement Macron et ce dès la rentrée. Mais Martinez se dit optimiste et il annonce que les militants FI se mobiliseront eux aussi dès le 12, bottant en touche en disant bien que le 12 c’est pour commencer et que d’autres dates pourraient suivre. Il espère également que dès le voile levé, le 31 aout, sur les réformes les autres syndicats comme FO viendront grossir les rangs de la mobilisation. Le syndicat FO se fait en effet désirer au niveau confédéral, pourtant au niveau local plusieurs ont déjà préparé le terrain, mais cette lenteur de Jean Claude Mailly n’aide définitivement pas à préparer la riposte. Tout en continuant tout l’été le « dialogue sociale » avec Macron et son gouvernement antisocial, la CGT a maintenu une journée de mobilisation le 12 septembre. Mais pour que cette journée, et celles qui s’en suivront, soit efficace, il s’agirait de s’organiser, sur nos lieux de travail et d’étude, en AG, pour exiger de nos organisations qu’elle s’assoient autour d’une table et qu’elles décident, avec un calendrier commun, d’un plan de bataille résolu pour gagner contre Macron.

Il s’agit donc pour la rentrée de rapidement faire front contre ces réformes qui vont s’attaquer au monde du travail dans son ensemble mais également aux étudiants entre logements et études impossible, et aux plus précaires en sucrant une partie des allocations logements et en ne réglant pas les problèmes de fonds. Une rentrée sociale qui se doit la plus large possible pour permettre de donner le La à un gouvernement Macron dont la côte de popularité décroit de jour en jour.




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