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Politique

Etat d’urgence partout ! Police… aussi

Loi antiterroriste de Macron. Contrôles au faciès XXL et surveillance généralisée

Le 1er novembre, l’état d’urgence sera pérennisé par le biais de la nouvelle loi antiterroriste. D’ici là, Gérard Collomb et le gouvernement entendent renforcer la monture. Une escalade inquiétante, selon la Cimade, qui prévoit une explosion des contrôles au faciès.

« On ne peut pas prendre le risque de perdre de vue un individu dangereux pendant trois jours ». C’est par ces mots que Gérard Collomb a justifié son intention d’imposer des mesures de surveillance pour une durée de trois ou six mois renouvelable sur la simple base de soupçons de participation ou de « sympathie » envers des mouvements terroristes. Si la droite traditionnelle applaudit, cette prise de position divise au sein même de La République En Marche et de ses alliés. L’ancienne magistrate et actuelle députée MoDem, Laurence Vichniesky, estime ainsi avoir « un point de divergence de principe » sur la question de la prolongation de la surveillance qu’elle souhaite soumise « à l’aval d’un juge judiciaire ».

Gérard Collomb, lui, n’en démord pas. Il souhaite non seulement revenir au texte initial… mais aussi le renforcer. C’est ainsi que le ministre a déclaré vouloir « muter et radier un fonctionnaire radicalisé lorsqu’il exerce des missions de souveraineté ou un métier en lien avec la sécurité » ou bien encore élargir les fermetures de lieux de cultes sous le simple motif des « idées » et « théories » véhiculées, sans préciser quelles seraient les preuves à fournir. On songera que jusqu’à présent, les fermetures de lieux de cultes se font sur la base de textes de loi, en l’occurrence le plus souvent sur la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées. Autres nouveautés du texte : le pointage des individus pouvant désormais être quotidien et l’extension des possibilités de contrôle d’identité dans des zones frontalières étendues.

Selon la Cimade, cette dernière mesure permet une généralisation totale des contrôles sans motif sur « quasiment tout le territoire ». En d’autres termes, la Loi antiterroriste défendue par Gérard Collomb a un double effet kiss cool : une généralisation de la surveillance « made in état d’urgence » à la quasi-totalité de la population, ce qui est particulièrement inquiétant quand on voit à quel point cet état « d’exception » a été facilement utilisé pour museler les contestations sociales sans aucun rapport avec le terrorisme, et l’explosion des contrôles au faciès. En effet, le texte prévoit d’élargir à 12 heures (contre 6 actuellement) et « aux abords » de 373 gares, ports et aéroports, les possibilités de contrôles d’identité.

Dans sa volonté de faire entrer dans le droit commun les dispositions « exceptionnelles » de l’état d’urgence, le gouvernement, par le biais de Gérard Collomb, entend accélérer la cadence. D’ici au 1er novembre, et avant le 25 septembre, date de la réouverture des débats à l’Assemblée Nationale, il est clair que l’exécutif entend solidifier le texte de mesures liberticides, tendant à la facilitation de la surveillance généralisée dans l’optique de perfectionner les outils de « chasse aux migrants » sous le label de lutte contre le terrorisme. Plus que jamais, dans le sillage de la manifestation de dimanche contre l’état d’urgence, il est indispensable de combattre ces mesures réactionnaires et xénophobes, qui rentrent en concordance avec les attaques contre les droits et acquis des travailleurs, par la rue et la mobilisation.




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